Devenu professeur à 26 ans, il cherche à changer de métier 13 ans après...


A 26 ans ce métier lui plaisait, par l'indépendance qu'il offrait, l'autonomie, et son caractère d'utilité publique pour servir l'intérêt général. Mais la lourdeur administrative et le comportement de la hiérarchie ont fini par l'en dégoûter et, c'est sûr, il ira réaliser les deux autres tiers de sa carrière ailleurs. L'enseignement, pour lui, c'est fini.

 

Qu'est-ce qui vous a attiré vers ce métier de professeur ? 

 

La transmission et l'apprentissage furent mes premiers attraits. L'utilité publique et l'intérêt général de la mission d'enseignement consolidèrent cette envie de se rendre utile pour les générations futures. L'indépendance, l'autonomie et la liberté pédagogique permettaient une paix dans le travail, une sérénité loin de la pression managériale. Il est évident que dans ce métier, la garantie de l'emploi et non la sécurité, ainsi que les vacances scolaires sont appréciables. Par contre, il est évident que le salaire allait être en-dessous de mes prétentions mais le compromis à faire semblait promettre un gain en qualité de vie.

 

Vous sentez-vous en difficulté(s), et de quelle nature ? 

 

Je suis en difficulté avec la reconnaissance de mon métier. Je ne compte pas mes heures, je mets de l'énergie, de l'investissement personnel et le salaire est faible, la critique est âpre. L'institution réclame du "pas de vague", de l'exemplarité, de la bienveillance et de la confiance face à des incivilités et de la difficultés scolaires toujours croissantes et nous laisse souvent seuls face à la violence psycho-émotionnelle, la violence sociétale. Nous sommes surexposés à la violence, à la misère, nous sommes les premiers remparts face à la barbarie et la hiérarchie ne nous soutient pas toujours voire nous enfonce.

L'inclusion est aussi problématique dans des classes à effectifs inchangés et les AVS ne sont pas toujours une aide. 

 

Les programmes sont inapplicables dans leur totalité, faute de moyens, de temps. La théorie est une doctrine inapplicable sur le terrain et suivant le terrain, la réalité est bien différente voire inimaginable. 

Les enfants sont de plus en plus indisposés scolairement par manque d'éducation, par des troubles cognitifs "dys" et attentionnels, rongés par l'individualisme, par l'exposition excessive aux écrans et aux contenus inappropriés. 

Je suis aussi confronté à la mainmise des municipalités sur la liberté pédagogique via les outils numériques qui nous sont imposés (pour ma part le TNI ou les ordinateurs) et que nous ne pouvons pas administrer.

La précarisation du métier me fait réfléchir sérieusement sur mon avenir. Travailler et vieillir dans l'E.N me semble improbable sans détresse ni souffrance et ce jusqu'à 67 ans pour une retraite sans décote. 

 

Enfin, l'EN n'a pas de C.E ni de médecine du travail, ni de GRH. Elle n'offre que peu d'évolution professionnelle et salariale. Les syndicats sont parfois le refuge des enseignants désabusés, seul repère protecteur face à l'institution. 

 

 

L'EN mène énormément de monde en bateau et ce bateau coule. Je ne veux pas sombrer, je souhaite rester digne, cohérent et me préserver ainsi que les miens.

 

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AIDE AUX PROFS  vous conseille, si vous êtes candidat au métier de professeur, que ce soit en fin de vos études initiales ou dans le cadre d'une reconversion, de bien anticiper, avant de chercher à tenter un concours de l'enseignement ou d'enseigner comme contractuel (le) :

 

1) Réaliser votre bilan de personnalité pour cerner très vite les traits de caractère qui pourraient poser problème (perfectionnisme, hypersensibilité, manque d'estime de soi, manque de confiance en soi, manque d'autorité naturelle).

 

2) Réaliser un bilan ORL pour évaluer la qualité de votre voix, qui sera soumise à rude épreuve. Des conseils d'utilisation avant de prendre vos classes sont indispensables.

 

3)  Réaliser une formation sur la psychologie des enfants et des adolescents, selon que vous souhaitez enseigner en Maternelle, Primaire, Collège ou Lycée. Les comportements changent d'une génération à l'autre, le respect des professeurs se perd, la gestion de l'autorité en classe fait partie des problématiques de ce métier, que la formation initiale ou continue résout difficilement.

 

4) Consulter un coach qui a été ou est toujours professeur pour vous aider dans votre développement personnel. AIDE AUX PROFS vous en propose une liste dans le Menu de notre site ici parmi nos anciens adhérents dont nous pouvons vous recommander les services et qui vous aideront à  trouver estime et confiance en vous.

 

15 à 20% des professeurs des écoles sont déjà en burnout au bout de leur 2e année d'enseignement, comme l'a bien montré une étude de Laurence BERGUGNAT, professeur à l'université de Bordeaux.


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