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Les résultats 2026 des mutations des nouveaux et actuels professeurs s'échelonnent du 3 au 24 juin: qui va pleurer ? Qui va sourire ? Qui va renoncer ?


Les professeurs stagiaires de cette année vont connaître à l'occasion de leur titularisation, leur nouvelle affectation. Les actuels professeurs qui voulaient quitter leur département ou leur académie vont savoir où leur barème a permis de les muter.

 

Chaque année, c'est le même cirque pour les professeurs qui veulent migrer: mouvement inter-académique puis intra-académique dans le 2nd degré, mouvement des ineat et exeat dans la 1er degré pour migrer dans le département ou changer de département.

 

Du 3 au 24 juin, les mutations vont tomber:

- des couples seront séparés géographiquement et leur union ne résistera pas longtemps à cette séparation, s'ils acceptent leur titularisation dans cette condition. Ils dépenseront un loyer de plus, des charges en plus, des transports de plus en plus coûteux pour leurs déplacements et pour revoir leur conjoint... est-ce que financièrement, ça en vaudra la peine ?

 

- des célibataires, sans point pour "séparation de conjoint", seront mutés dans les pires coins de France, en Région Parisienne, dans le Nord ou dans l'Est, pour y rester coincés 10 à 15 ans sans possibilité de repartir. Leur barème sera toujours insuffisant.

 

- des professeurs, rares, obtiendront leur voeu: ça fait 10 à 15 ans qu'ils attendaient ça... et c'est parce-que cela fait tant de temps qu'ils attendaient, que les barèmes sont de plus en plus élevés dans les départements les plus attractifs. Les postes se libèrent au compte-gouttes au fil des départs en retraite, des démissions, des congés de longue maladie...

 

- 70% des professeurs stagiaires du 2nd degré titulaires du CAPES, de l'Agrégation du PLP, seront mutés dans les académies où le niveau de vie est le plus élevé de France (Région Parisienne: Paris, Créteil, Versailles). Ils auront juste le sentiment de devenir pauvres avec leurs 1.800,00 € nets et même avec 2.500,00 € nets dans 15 ans, car ils y resteront bloqués 10 à 15 ans au minimum, ça ne leur suffira pas pour vivre correctement là-bas.

 

- Les professeurs des écoles qui ont obtenu leur concours dans les académies de Créteil et de Versailles ne vont pas pouvoir être mutés de sitôt. L'Education nationale fera tout pour les bloquer 10 à 15 ans dans leur département. Moralité ? Si tu envisages de devenir professeurs des écoles, tente ton concours dans le département où tu as envie de vivre, et non pas dans le département où le concours paraît le plus facile à obtenir. Car tu sentiras longtemps le poids de cette facilité: gagner mal ta vie dans une région chère, et y être bloqué(e) 10 à 15 ans.

 

C'est le Ministre Claude ALLEGRE qui avait changé les règles dans le 2nd degré, gâchant la vie de centaines de milliers de professeurs, qui ne pouvaient plus demander directement le département, le groupes de communes, la commune ou l'établissement de leur choix. Dans le 2nd degré c'est la loterie complète avec des barèmes toujours très complexes à comprendre. Les professeurs stagiaires ont du mal à s'y repérer et se font souvent complètement avoir avec un barème dérisoire. Ils récupèrent les postes dont personne ne veut: des conditions difficiles, des déplacements coûteux... une grande partie de leur maigre salaire y passera, avec ces hausses de carburants et cette inflation qui ne se réduisent pas.

 

Est-ce que les professeurs stagiaires mutés en Région Parisienne, là où 1.800,00 € nets les mettra en situation de précarité, vont accepter d'être titularisés ? Est-ce que s'engager pour 4 ans au moins va les dissuader ? Est-ce que la difficulté des professeurs expérimentés à être revalorisés par les ministres depuis plus de 10 ans, va leur donner envie finalement, de rester dans un métier marqué par un manque de gratitude financière de la part de chaque gouvernement ? 

 

Est-ce que les professeurs stagiaires et expérimentés vont se laisser séduire par les belles paroles, les belles promesses des candidats à l'élection présidentielle et notamment de ceux qui ont été au pouvoir ces 10 dernières années, et n'ont rien fait ?

 

Financièrement, mieux vaut être affecté en pleine campagne que dans une ville, car avec 1.800,00 € nets les 2e et 3e années et 2.000,00 € nets la 4e année, ceux des villes devront supporter de voir plus de 80% de leur traitement partir dans leur loyer, leurs charges, leurs frais de transport, leurs frais d'alimentation. Et pour leurs vacances, il ne restera rien: juste d'aller camper, au mieux, peut-être bivouaquer (c'est gratuit), ou rester chez eux, ou recontacter leurs parents s'ils ont une résidence principale ou secondaire qui leur permettra des vacances convenables.

 

La vérité est que la France a lâché ses professeurs depuis le milieu des années 80. Elle a exigé d'eux de 2010 à 2025 un niveau Bac+5 sans augmenter de manière conséquente leur rémunération. Elle n'a même pas été à la hauteur de l'inflation annuelle puisque la génération qui part en retraite actuellement aura perdu 50% de pouvoir d'achat sur 42 ans en moyenne. L'équivalent de 200.000,00 à 250.000,00 euros selon le grade du professeur sur toute sa carrière. La valeur d'une maison, d'un appartement, d'une belle voiture.

 

Les professeurs qui ont enseigné de 1985 à 2025 ont vu leur salaire évoluer comme une limace les 30 premières années, avant d'atteindre les 5 années suivantes un salaire enfin correct, mais qui a stagné les 7 années suivantes. C'est un véritable scandale, et les politiques de continuer de se gargariser du "métier le plus beau du monde" pour compenser leur inefficience à tous.

 

Et comme les jeunes professeurs continuent de tout supporter, que les professeurs expérimentés sont toujours majoritaires à accepter des conditions de travail dégradées, un traitement trop faible en regard de leur investissement quotidien, et de tout ce qu'ils doivent supporter de leur hiérarchie, eh bien... les politiciens qui parviennent au gouvernement ne voient pas pourquoi ils augmenteraient les professeurs de sitôt.

 

Ceux qui croiront les candidats à l'élection présidentielle, d'une revalorisation de leur traitement, devraient déjà se rendre compte que la crise sanitaire, ce "'quoi qu'il en coûte", leur revient dans le nez comme un boomerang. Il va en coûter que la priorité des priorités est la réduction de la dette de la France, qui doit obéir aux exigences drastiques de la BCE.

 

Et la revalorisation des profs, elle n'existera que dans des promesses qui ne seront pas tenues de sitôt. Celles et ceux qui ont été au gouvernement de 2017 à 2026 et ont toujours refilé la patate chaude à leur successeur, et qui se sont toujours trouvés des excuses de toutes sortes pour ne pas le faire eux-mêmes lors de leur passage Rue de Grenelle, ont perdu toute crédibilité dans leurs promesses à agir. Et ceux qui voteront quand même pour eux se feront tout simplement berner.

 

C'est simple: en mai 2027 il va falloir choisir un(e) candidat(e) qui ne fait pas de belles promesses à tout le monde, mais un(e) candidat(e) qui va présenter un programme permettant d'entrevoir comment il va réussir à sortir la France du merdier budgétaire dans laquelle elle est plombée depuis la fin de la crise sanitaire et de la guerre en Ukraine.

 

LA DETTE DE LA FRANCE SE CREUSE CHAQUE SECONDE. IL N'Y A PAS 10 MILLIARDS D'EUROS POUR AUGMENTER LES PROFESSEURS A LA HAUTEUR DE CE QUE LEUR PROFESSION A PERDU CES 40 DERNIERES ANNEES.


Les dates de publication des résultats des mutations selon les académies, du 3 au 24 juin (avec les réserves énoncées par l'auteur du post, une erreur est toujours possible)

 

Nantes : 3 juin
Lille : 4 juin
Strasbourg, Besançon, Créteil, Versailles, Grenoble : 5 juin
Lyon : 8 juin
Montpellier : 9 juin
Poitiers, Nancy-Metz : 11 juin
Amiens, Bordeaux, Paris, Reims : 12 juin
Toulouse, Limoges : 15 juin
Normandie, Dijon : 16 juin
Rennes, Clermont-Ferrand : 17 juin
Aix-Marseille : 18 juin
Nice : 19 juin
Orléans-Tours : 24 juin

 

Source: Neoprofs


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