Que se passe-t-il à l'éducation nationale, dans la tête des jeunes d'école, de collège, de lycée ? Une forme de banalisation de l'apport de couteaux en classe inquiète toute la communauté éducative, et les faits se répètent, se multiplient/
Le Ministre Edouard GEFFRAY en appelait récemment à la responsabilité des parents. Où se situe la solution ? Equiper tous les établissements scolaires de détecteurs de métaux ? Faire systématiser les fouilles aléatoires par les forces de l'ordre, déjà fort occupées par ailleurs à tenter de réduire une violence de rue grandissante ?
QUI pour protéger les professeurs et leurs élèves de cette peur d'être le/la prochain(e) agressé(e) au couteau ?
En 2025, 520 élèves ont été interceptés avec un couteau, selon le ministre de l'Education nationale, se basant sur 1.500 contrôles par mois de mars à décembre de cette année-là.
Ce qui fait 3,5% de porteurs d'un couteau par rapport au nombre d'élèves fouillés. Ce qui reviendrait à dire que dans une classe de 30 élèves, 1 serait porteur d'un couteau. Ce n'est pas négligeable...
Des élèves qui apportent un couteau à l'école, c'est un phénomène croissant et inquiétant. Signe d'un mal-être chez cette jeunesse qui a été livrée à elle-même pendant la crise sanitaire, avec un niveau de désespérance qui a été insuffisamment pris en compte, avec une éducation nationale qui ne possède pas de poste d'un psychologue à plein temps par établissement pour être à l'écoute des élèves qui vont mal, et des personnels qui eux aussi, se sentent mal, voire en danger.
Il ne se passe plus une semaine sans qu'un couteau soit apporté à l'école par un élève, et pas un mois sans qu'une agression ait lieu. Comme si tous ces jeunes n'avaient pas compris que la violence entraîne la violence et que c'est une spirale sans fin. Les actualités internationales où les conflits armés se multiplient ne les aident pas non plus à comprendre le monde des adultes.
Et le métier le plus beau du monde en a perdu de sa superbe: pour 1.400,00 € par mois la première année, même pas le SMIC, est-ce que ça vaut vraiment encore la peine de devenir professeur par concours en France au 21e siècle, pour y rester 43 ans, avec des fins de carrière de plus en plus pénibles, et des services administratifs qui empêchent les titulaires de repartir quand ils le souhaitent, avec des "nécessités de service" ?
La Lettre du Ministre Edouard GEFFRAY, a été de tenter de faire responsabiliser les parents des 12 millions d'élèves qui fréquentent l'Education nationale tous les jours, sur ce vrai rôle à jouer chez eux avec leur enfant en matière de prévention, de contrôle du contenu de son sac avant de se rendre à son établissement scolaire et en matière d'éducation aussi, en leur transmettant ces valeurs essentielles qui permettent à tout un peuple de vivre ensemble.
Puisse-t-il avoir été entendu, et ces attaques au couteau se réduire aux abords et au sein des établissements scolaires.
RAPPEL DES FAITS D'AGRESSION AU COUTEAU A PROXIMITE ET/OU DANS DES ETABLISSEMENTS SCOLAIRES QUI ONT ETE MEDIATISES DEPUIS 7 ANS :
2026
05.03.2026: une collégienne de 13 ans qui sortait du collège Ampère d'Oyonnax (Ain) a été agressée violemment par cinq adolescentes qui l'ont frappée, humiliée, lui coupant une mèche de cheveux avec des ciseaux, et poussée dans une mare, en filmant leurs exactions avec leur smartphone et en diffusant les images sur les réseaux sociaux.
04.03.2026: un élève du collège de la Binquenais à Rennes (Ile-et-Vilaine) s'est présenté devant son établissement avec un couteau. La Police est intervenue rapidement pour le désarmer. C'est sa maman qui l'a vu partir au collège avec un couteau et a prévenu l'établissement et la police.
2025
25.03.2025: un élève de 2nde du lycée BAHUET de Brive (Corrèze) a menacé son professeur et des élèves avec un couteau.
2024
2023
13.10.2023: Dominique BERNARD, professeur agrégé de Lettres Modernes de 57 ans, est mortellement blessé à la gorge et au thorax par un terroriste âgé de 20 ans, au sein du groupe scolaire Gambetta-Carnot à Arras (Pas-de-Calais).
2022
2021
2020
2019
Lettre du Ministre Edouard GEFFRAY du 12 février 2026 à l'ensemble des parents d'élèves de toute la France (métropole et Dom-Tom) :
Madame, Monsieur, cher parent,
Je me permets de m’adresser directement à vous, en votre qualité de parent d’élève.
Ces dernières années, et plus particulièrement ces dernières semaines, ont été marquées par plusieurs agressions particulièrement violentes, tant à l’encontre de personnels de l’éducation nationale qu’entre élèves. Plus généralement, nous constatons une forme de banalisation de la violence, extrême, qui plus est. Cela prend aussi la forme de harcèlement, dont plus d’un enfant par classe en moyenne est victime, avec des conséquences destructrices.
Une telle situation est inacceptable, pour nos enfants comme pour l’institution et ses personnels.
Lorsque vous confiez votre enfant à l’École, vous le confiez à des femmes et à des hommes qui ont choisi de dédier leur vie professionnelle à le faire progresser. Recrutés et formés par l’État, ils assurent la plus noble des missions : celle d’amener chaque enfant de France au meilleur de ses potentialités et lui permettre de devenir un citoyen libre et éclairé. Inlassablement, les professeurs instruisent, transmettent, forgent l’esprit critique et éveillent la conscience civique de votre enfant. C’est notre boussole, et nous en sommes fiers.
Outre les professeurs, ce sont des centaines de milliers de personnels qui assurent, auprès de vos enfants, la double mission de l’École : instruire et protéger. Ce sont les directrices et directeurs d’école, les cheffes et chefs d’établissement, les accompagnantes et accompagnants d’élèves en situation de handicap, les infirmières et infirmiers, les médecins, les psychologues, les assistantes et assistants sociaux, les conseillères et conseillers principaux d’éducation, les assistantes et assistants d’éducation, les personnels administratifs, ainsi que tous les personnels des communes, départements et régions qui se mobilisent chaque jour pour que nos enfants apprennent dans les meilleures conditions.
L’École repose sur un ensemble de principes et de valeurs qui ne sont ni amendables, ni négociables. Elle assure un service public d’éducation de qualité, et permet à tous les enfants de France d’accéder au savoir. Elle constitue une chance immense. Ce n’est pas le fruit du hasard. C’est le fruit d’une volonté, née avec la République : celle de faire de l’École le berceau de notre destin commun. Nous devons une grande partie de ce que nous sommes à nos professeurs, et nous leur devons le devenir de nos enfants. Ils sont notre fierté et notre espoir. Nous sommes redevables envers les professeurs et tous les personnels. En un mot, nous sommes redevables à l’institution.
Nous nous mobilisons chaque jour pour faire réussir vos enfants, mais nous ne pouvons y parvenir sans vous. Vous êtes nombreux à être engagés dans la vie de votre école ou établissement, notamment en tant que parents d’élèves élus. Au-delà, vous témoignez régulièrement votre soutien à l’institution scolaire et à ses personnels, et vous vous impliquez chaque jour dans la réussite de vos enfants. Au nom de toute l’institution, je vous en remercie.
Cependant, cet avenir ne peut se construire si nos enfants sont confrontés à la violence.
La situation me semble donc exiger un sursaut collectif pour préserver ce qui nous unit. L’École fait beaucoup, mais elle ne peut pas tout. Sa réussite n’est possible que si chacun s’engage à respecter et à faire respecter l’institution scolaire et tous ses personnels, et si nous nous unissons, tous, contre la violence verbale ou physique. L’École doit être, pour chaque enfant, un lieu où il puisse grandir et apprendre en paix, en sécurité, à l’abri de toute pression et de toute violence. Ceci implique, bien sûr, que l’institution soit exemplaire. Nous travaillons chaque jour en ce sens. Cela implique également que l’État mette tout en œuvre pour assurer la sécurité dans les établissements et à leurs abords. Avec le ministre de l’Intérieur, c’est notre priorité absolue.
agression d'un professeur au couteau
Face au fléau de la violence et du harcèlement, nous avons aussi besoin de votre implication personnelle en tant que parent.
Cette mobilisation doit porter sur tout le spectre de la violence : nous ne pouvons admettre ni la banalisation de l’insulte, ni, plus grave encore, les violences physiques ou le port d’armes blanches. Un enfant ou un jeune n’a pas à avoir de couteau dans sa poche. Il n’a pas à agresser verbalement ou physiquement ses professeurs ou les personnels de l’éducation nationale. Il n’a pas à être violent, tout simplement. Il en va de même de ses parents. Ces exigences ne relèvent pas seulement du bon sens : elles découlent de la loi, qui garantit le respect dû aux personnels chargés d’une mission de service public d’éducation et impose à chacun d’en accepter les règles. À l’École, on écoute les adultes, on les respecte et on s’instruit grâce à eux. On accepte leurs conseils, remarques et évaluations. On débat, on réfléchit et on progresse au contact d’idées qui ne sont pas forcément les siennes. De la même façon, on respecte ses camarades, on admet leur diversité. On devient autonome et on apprend à vivre en société.
Nous savons tous que les comportements violents de certains jeunes ont des causes multiples. Il n’y a pas de solution unique : nous détenons tous une petite partie de la solution pour les éviter et protéger nos enfants.
Nous avons donc besoin de vous. Besoin que vous parliez, dans les prochains jours et régulièrement, tout au long de l’année, avec vos enfants, pour leur rappeler et leur faire respecter ces règles élémentaires. Besoin de votre vigilance pour nous signaler tout fait de harcèlement ou de violence dont ils seraient victimes ou témoins, afin que nous puissions intervenir au plus vite, protéger les élèves victimes et sanctionner les auteurs. Besoin que, par votre exemple et le respect que vous portez vous-mêmes aux professeurs et à l’institution, vous leur appreniez à voir dans l’École et dans ses personnels une chance unique. Besoin, simplement, que vous affirmiez dans le cercle familial l’autorité de l’École et de ses personnels, tout comme le respect dû à chaque élève.
Madame, Monsieur, cher parent, il n’est pas de plus grand bonheur, pour tout personnel de l’éducation nationale, que de voir un élève progresser et s’épanouir. Cela, nous le construisons ensemble chaque jour. La tâche est immense. Elle est complexe. Mais nous portons, vis-à-vis de nos enfants, une exigence commune, faite de progrès, d’attention et de protection.
Pour votre enfant, vous pourrez toujours compter sur l’École et ses personnels. Nous comptons aussi sur vous.
En vous remerciant par avance, je vous prie de croire, Madame, Monsieur, cher parent, à toute ma considération et à mon dévouement.
Édouard Geffray
Ministre de l’Éducation nationale
FAUDRA-T-IL EN ARRIVER LA UN JOUR ?

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