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Un professeur victime de maltraitance par sa hiérarchie a-t-il le droit d'en témoigner ? C'est le principe même de la liberté d'expression


Quel professeur n'a pas vécu ce qu'illustre parfaitement Anna Chronique ?

 

Un inspecteur ou une inspectrice qui hausse la voix, voire engueule,  humilie le professeur en "rendez-vous de carrière" (appelé autrefois "inspection") au lieu d'être l'accompagnateur à l'écoute, empathique, pédagogique, conseiller, pour apprendre s'améliorer ? Il y a la manière de faire qui est importante, et certains inspecteurs se complaisent dans l'autoritarisme, soutenus par loyauté indéfectible par tout un système.

LE METIER LE PLUS BEAU DU MONDE, EST-CE DE SUPPORTER

DE SE FAIRE ENGUEULER EN INSPECTION EN DEVANT LA FERMER ENSUITE SUR LA MANIERE DONT ON A RESSENTI CETTE EPREUVE ?

Certaines inspections rappellent tristement les annales des concours de professeur agrégé où les membres du jurys, tous agrégés, anciens agrégés devenus IA-IPR, se complaisent à commenter le niveau lamentable et l'inexpérience des étudiants qui se sont présentés au concours. Ce qui devrait déjà alarmer les étudiants et salariés en reconversion sur la manière dont ils seront traités par la suite.

Qui devient IEN, IA-IPR, IGEN, IGAENR ? (ces deux derniers corps ayant été transférés vers "Administrateurs de l'Etat")

 

Oui c'est la bonne question à se poser: "QUI" décide un jour de passer un concours interne pour devenir Inspecteur de l'Education Nationale (IEN) ou Inspecteur d'Académie Inspecteur Pédagogique Régional (IA-IPR) dans une discipline, ou en Etablissement et Vie scolaire ?

 

Des professeurs, dans 95% des cas. Dans 5% des cas c'est un coup de piston politique pour recaser un(e) fidèle qui n'a pas été réélu(e) et a besoin d'un poste bien payé. Toutes les majorités de Droite et de Gauche au pouvoir ont utilisé ce pouvoir de nomination nommé "au tour extérieur", en plaçant là des gens qu n'avaient jamais enseigné. Mais ceux dont on va parler, ce sont les 95% qui ont bel et bien enseigné.

 

Pourquoi un professeur des écoles décide-t-il un jour de devenir IEN ?

Pourquoi un professeur agrégé décide-t-il un jour de devenir IA-IPR ?

 

Mais au fait d'abord... où sont passés les Certifiés ?

Les Certifiés sont les "sans grade" de l'Education nationale : leur grade ne leur permet pas de devenir IA-IPR, et ils ne sont pas compétents pour IEN puisqu'ils n'ont pas enseigné en Ecole Maternelle et Primaire. Donc quand ils deviendront IEN, ce seront juste des gens incompétents sur les niveaux inspectés. Alors que bon nombre de Certifiés expérimentés a autant de compétences que des professeurs agrégés pour prétendre devenir IA-IPR. 

 

Pourquoi devenir IEN ou IA-IPR ?

 

Il y a plusieurs cas de figure, quand on interroge, et c'est ce que nous avons fait, un IEN retraité et un IA-IPR retraité.

1) Par passion pour sa discipline ?

2) Par passion pour les élèves, en transmettant la meilleure manière d'enseigner ?

3) Non: de nos deux interlocuteurs, la raison est que la grande majorité ne voulait plus enseigner, et devenir décideur, pour contribuer à décider de la manière dont les autres professeurs, doivent enseigner. CQFD.

 

Ce que recherchent les IEN et les IA-IPR dans un premier temps, c'est ce pouvoir immense que va leur déléguer tout un système, en leur faisant confiance dans ce qu'ils décideront, car les spécialistes d'un niveau ou d'une discipline, ce sont eux.

 

La majorité va user de son pouvoir avec bienveillance, conforté dans le rôle de celui/celle chargé de donner des conseils au professeur, qui devra continuer de se former, de se perfectionner en classe.

 

Une minorité, dont il est impossible d'estimer le nombre, quelques dizaines a minima à centaines peut-être sur une génération d'inspecteurs, va nuire à une génération des professeurs par son comportement, en restant couverte par ses pairs (car ça ne se fait pas de dénoncer un de ses pairs, ça fragilise tout le système de la chaîne hiérarchique).

 

Les IEN et les IA-IPR sont d'anciens professeurs qui ont bien compris qu'ils seraient 2 à 3 fois mieux payés en allant dire aux autres quoi faire lors de leurs inspections/rendez-vous de carrière, et que le système leur ferait entière confiance.

 

Le PE et le Certifiés ont la même échelle indiciaire. 

Les IEN et les IA-IPR ont la même échelle indiciaire.

Donc un Certifié qui ne veut pas se donner la peine de  passer le concours interne d'Agrégé a juste à devenir IEN pour être mieux payé qu'un Agrégé...

 

Donc devenir IEN ou IA-IPR, c'est gagner plus, avoir du pouvoir. Et le reste vient certainement avec: le prestige de la fonction, le pouvoir sans contestation, soutenu par une hiérarchie indéfectible, dès lors qu'on lui est loyal(e) et soumis(e).

 

Les frustrés, les aigris, les pervers narcissiques, vont s'y complaire admirablement bien. Ils savent que leur parole vaudra plus que celles de leurs victimes, dès lors qu'elles sont peu nombreuses, isolées les unes des autres, donc impuissantes. Ils peuvent s'adonner à leur plaisir favori: critiquer, sans contestation possible en retour. Car c'est bien cela leur métier: dire ce qui ne va pas dans un cours de professeur. Et leur mission est de toujours trouver quelque chose à améliorer. Et de l'imposer au professeur puisque la bonne parole, c'est celle de l'IEN ou de l'IA-IPR.

 

A qui les IEN et les IA-IPR obéissent-ils ? C'est aussi un problème. Ils réfèrent à un Doyen désigné régulièrement parmi leurs pairs, et au Recteur, qui a autre chose à faire que de s'occuper des contestations des professeurs.  Ils réfèrent aussi à des Inspecteurs Généraux de leurs disciplines, qui, tous, attendent qu'ils règlent leurs problèmes eux-mêmes, pour ne les déranger qu'en cas d'urgence. Déranger un IGEN pour un professeur qui conteste son rapport d'inspection, c'est, de l'avis de l'IGEN, constater que l'IEN ou l'IA-IPR n'a pas su régler le problème tout seul avec les moyens dont sa hiérarchie l'a investi. 

 

L'IEN est donc comme l'IA-IPR un électron libre pour agir envers les professeurs qu'il peut inspecter. Le compte-rendu de l'IEN ou de l'IA-IPR s'impose au professeur. Si le professeur veut contester, il devra... écrire à son inspecteur... et la boucle est bouclée. Et s'il écrit au Doyen, par solidarité, le Doyen confortera l'IEN ou l'IA-IPR dans sa décision.

 

L'IEN ou l'IA-IPR cherchera alors à s'imposer un peu plus, quitte à humilier le professeur d'avoir osé protester le compte-rendu de l'inspection/rendez-vous de carrière. Et si le professeur adresse un courrier/courriel au médiateur académique, il n'est pas conscient que celui-ci est un ancien IEN, un ancien IA-IPR, ou un ancien Perdir, qui est là pour protéger ses pairs plutôt que de chercher à les "enfoncer". Le médiateur va protéger ceux de "sa caste", et arrondir les angles. Le professeur qui rêvait de "réparation", devoir juste s'asseoir dessus, et s'estimer heureux que son IEN ou son IA-IPR ne porte pas plainte pour "diffamation vers sa hiérarchie".

 

Voilà pourquoi tout ce système est biaisé, et agit contre le professeur, dans sa nature intrinsèque: inspecter, imposer, sans contestation possible.

 

A partir de là on comprend nettement mieux les dérives d'un certain nombre d'IEN et d'IA-IPR. Leur pouvoir hiérarchique est trop grand, mal régulé, mal contrôlé.

 

Ce qui est moins compréhensible est "pourquoi laisse-t-on des IEN et des IA-IPR toxiques dans le système, quand leur degré de toxicité parvient au grand jour, dans les médias ?

 

Prenons ces cas médiatisés, c'est rare d'en trouver. L'omerta des professeurs sur ce qu'ils subissent de leurs IEN, IA-IPR et IGEN est tellement forte, avec ce code de l'Education qui leur intime un "devoir de réserve", que chaque professeur espère qu'un professeur 'lanceur d'alerte" fera le boulot à sa place. Et personne, dans ce cas, ne dit rien, ou tout simplement se plaint à son syndicat, qui, lui aussi, aura les mains liées. Car au mieux, il "accompagnera" le professeur plaignant vers une plainte, avec dans la majorité des cas une victoire de l'Institution ; et au pire, il ne fera rien.

 

Tout futur professeur doit donc comprendre que dans le système de fonctionnement de l'Education nationale, il n'est "rien". Sa parole ne vaut pas grand chose malgré tous ses diplômes et sa "catégorie A" face à sa celle d'un supérieur hiérarchique, et ceux qui occupent ce type de fonction le savent, et ils en profitent un maximum, car ils se savent soutenus par une puissante hiérarchie qui leur donnera toujours raison. Et extrêmement rarement, certains IEN ou IA-IPR peuvent être démis de leurs fonctions. Et ils se démèneront eux aussi pour parvenir à démontrer leur bonne foi.

 

Ou comment obtenir un Bac+5 pour être traité(e) "comme un Bac - 3", un(e) employé(e), chargé de la fermer, quoi qu'il/elle ait à supporter, à entendre. Est-ce bien de Gestion des Ressources Humaines de proximité dont on rabat les oreilles des agents depuis septembre 2019 ? D'Ecole de la Confiance, de Bienveillance au Travail ? Où est la Bienveillance quand un IA-IPR porte plainte contre un ancien professeur qui a juste raconté ce dont il a été victime lors de son inspection ?

 

- Ici, un Proviseur contesté par une partie de ses enseignants, qui reste en place malgré tout. Il sera soutenu par sa hiérarchie même si 100% des professeurs étaient contre lui, et au pire sera muté vers un meilleur établissement, juste pour avoir bien fait son métier du point de vue de sa tutelle hiérarchique: "tenir bon quoi qu'il se passe". Tenir son rang, sa place, sa parole. Envers et contre tous.

 

- Là, une IEN accusée d'être responsable d'un "mal-être généralisé" chez les enseignants de sa circonscription. C'est sa parole contre la leur. Et c'est elle que sa hiérarchie écoutera. Car c'est en elle que la hiérarchie a investi sa confiance. Les professeurs, malgré leur Bac+5 (Master2), sont juste des exécutants dont la parole ne vaut rien.

 

- Ici encore, article du 13.12.2020, une dizaine de professeurs (mais quand un IEN ou un IA-IPR a en responsabilité plusieurs centaines de professeurs dans une académie, une dizaine de professeurs, c'est rien...) qui se plaignent du climat "malsain" qu'une IEN aurait instauré. 

 

- Là encore, des dizaines de professeurs manifestent avec leurs syndicats sur leur souffrance au travail lié à l'autoritarisme de leur proviseur. Qui sera soutenu pour "tenir bon" par sa hiérarchie.

 

- Ici, un collège sous tension et sous pression comme nous dit le Café Pédagogique, en mars 2025.

 

- Là, en décembre 2023, un constat généralisé d'un syndicat de l'enseignement, sans que rien n'ait changé depuis.

 

- Ici, une mère d'élève qui dit qu'un IA-IPR lui a "crié dessus" parce qu'elle avait dénoncé des faits de harcèlement sur son fils. Un traitement qui l"a choquée. Pour autant, l'IA-IPR n'a pas saisi la justice du fait qu'elle ait exprimé son ressenti d'adulte.

 

- Ici, c'est une IEN qui dit avoir subi un harcèlement moral de la part d'un DASEN, dans un jugement qui lui a donné tort. Le cas est intéressant par l'accumulation des faits cités au 5°) qui montre que l'Institution préfère les procédures compliquées et ne remet jamais en cause les décisions du plus haut gradé, quoi qu'il se soit passé. Rien que la décision prononcée permet de comprendre qu'un fonctionnaire est juste là pour obéir, et que s'il met en cause plus gradé que lui, il n'a aucune chance d'être entendu. Car l'Etat y perdrait sa capacité collective à faire obéir ses agents. C'est ce que l'on conclut de la lecture attentive de cette décision de la Cour Administrative d'Appel de Bordeaux.

 

- Là, c'est une IEN de Seine-et-Marne qui a saisi la justice pour retrouver son poste, après une mutation d'office de sa hiérarchie se basant sur des "signalements répétés sur sa manière de servir".

 

- Ici, c'est un autre cas d'école pourrait-on dire... qui reflète quelque peu les inimitiés qui peuvent exister entre collègues au sein de la haute administration. 12 IEN sur 20 qui se sont sentis humiliés par un adjoint d'un DASEN, ça fait beaucoup.

 

- Ici, une IA-IPR confrontée au "Nouveau Management Public", découvrant la pression importante qui pèse sur un IEN ou un IA-IPR, un "métier mille-feuilles" où certains s'épuisent rapidement. Certainement que certains IEN ou IA-IPR, écrasés de responsabilités, stressés par leur hiérarchie, deviennent surexigeants envers les professeurs qu'ils inspectent, puisqu'ils sont pris dans un étau. Faute de pouvoir se plaindre de leur haute hiérarchie, ils sévissent sur les enseignants qui sont sous leur obéissance.

 

Pourtant certains IA-IPR prennent la parole dans les médias pour répéter que leur métier est "un travail passionnant, engageant, très humain". OUF, on a eu peur... (incontestablement celui-ci mérite de sa haute hiérarchie les Palmes Académiques ou la Médaille du Mérite pour avoir tenté de redorer la fonction d'inspecteur auprès des médias).

 

Nous avions interviewé plusieurs IEN et IA-IPR sur leurs parcours de carrière, ce qui permet de quitter quelque peu l'image de "l'inspecteur-censeur". Tous ont décrit la passion de leur métier, très diversifié :

 

- Daniel AUVERLOT, IA-IPR puis IGEN

 

- Jean-Pierre OBIN, IGEN

 

- Michèle DRESCHLER, IEN

 

- Jean-Claude ROUANET, IA-IPR devenu IA-DSDEN

 

- Amaury FLEGES, devenu IGeSR

 

- Georges FOTINOS, IEN puis IA-IPR puis Chargé de mission à l'IGEN

 

- Eric LARCHER, IA-IPR

 

- Gérard DUCHEMIN, IEN puis IA-IPR

 

- Françoise BOISSOU, IA-IPR

 

- Paul QUENET, IA-IPR

 

- Gérard GRANIER, IA-IPR

 

Un IEN ou un IA-IPR doit être un chef d'équipe, un Coordinateur, et doit agir avec écoute, empathie, humanité.

 

C'est peut-être la formation à l'IH2EF qu'il faut revoir pour certains ? Quand une inspection se passe mal, c'est au professeur d'en témoigner immédiatement du contenu par écrit et de le faire remonter au médiateur de son académie, et à son syndicat. Voilà qui pourrait être une bonne solution de réaction "à chaud".

 

Il est rare que le comportement envers des enseignants d'un IEN, d'un IA-IPR, parvienne aux médias. Car il faut du temps avant qu'un collectif de professeurs inspectés sur différents établissements, se constitue. Seuls les syndicats peuvent croiser les vécus et les plaintes des uns et des autres pour parvenir à formuler un état des lieux, et les IEN et les IA-IPR le savent très bien. Aussi certains peuvent-ils jouer aux chefffaillons purs et durs et demander leur mutation dès qu'ils commencent à sentir qu'un certain nombre de bruits de couloir commencent à se répandre sur leur autoritarisme, voire leur tempérament pervers narcissique.

 

C'est donc aux Recteurs d'académie d'être suffisamment attentifs aux remontées du comportement de tel(le) ou tel(le) en inspection, et de savoir "recadrer" ceux qui suscitent de nombreux mécontentements, pour savoir protéger les professeurs des dérives de tel(le) ou tel(le). Mais les Recteurs restent si peu de temps dans une académie, qu'ils confient à leurs conseillers, souvent des IA-IPR ou des IEN, le soin de régler ce genre de problème.

 

Le système hiérarchique veille aussi à ce que le comportement de tel ou telle DASEN ne leur nuise pas: il les mute tous les 12 à 18 mois, et ceux qui s'en plaignaient n'ont plus qu'à espérer que leur successeur sera meilleur(e). Et si un professeur avait porté plainte contre le DASEN qui a été muté(e), son successeur dira juste qu'il n'est en rien concerné par cette affaire. L'association HELPEN qui agit contre le harcèlement des personnels de l'Education nationale a des témoignages de ce type.

 

Et aucun de ceux-là ne va prendre le risque de se mettre à dos un(e) collègue. Voilà donc un problème d'organisation parfaitement insoluble au sein du mammouth au 21e siècle !

 

Il est plus difficile à un Directeur d'Ecole, un Principal de Collège ou un Proviseur de Lycée de cacher les choses, car tout le personnel qu'il est susceptible de se mettre à dos se trouve au même endroit. Et les syndicats, présents dans l'établissement parmi les enseignants, ont plus de puissance à mobiliser leurs troupes. Mais cela ne veut pas dire pour autant que le Rectorat lâchera.

 

Il faut imaginer qu'à la tête des Rectorats, il y a des hauts fonctionnaires, Recteurs, Dasen, IGEN, Chefs de Division, dont le rôle est de piloter une académie qui contient 30.000 à 95.000 agents. Et plutôt que de chercher à se faire aimer, ils préfèrent imposer leurs directives. Un IA-IPR en retraite nous disait récemment: "tout fonctionne de manière pyramidale, et le Ministre doit pouvoir compter sur le Recteur qui doit pouvoir compter sur ses chefs de division et ses inspecteurs, et même si l'un d'eux commet des fautes envers les agents qu'il dirige, on lui expliquera comment retourner les choses à son avantage, pour que ses victimes passent juste pour des personnes qui n'ont pas su obéir".

 

Nous y voilà: la vertu de l'obéissance hiérarchique :

 

Ce qui différencie l'armée de l'éducation nationale, c'est qu'on ne dit pas "Mon général" à un Dasen ou à un Recteur, ni "Mon Colonel" à une IA-IPR, mais dans l'esprit de chacun de ces hauts fonctionnaires qui se prennent tous pour "la crème des crèmes", c'est pareil.

 

En administration, tout haut fonctionnaire vous le dira: "laissez vos états d'âme, vos émotions, chez vous. Vous êtes là pour être professionnel. Vous devez fonctionner. C'est tout ce qui vous est demandé: obéir à ce qui vous est demandé, sans chercher à le contester. Vous n'êtes pas à votre poste pour protester contre un ordre ou un avis. Vous êtes nommé pour l'accomplir, le transmettre, avec enthousiasme. Et dès lors que vous le faites, vous serez soutenu(e). Mettez à un moment donné ce devoir de loyauté en doute, et vous serez lâché par toute la hiérarchie."

 

Ce que pourrait faire de mieux l'éducation nationale, au 21e siècle, est de changer d'abord l'appellation "inspecteur": Accompagnateur, ou Conseiller, serait mieux.

 

L'IEN, l'IA-IPR, doit d'abord être un fédérateur d'équipes pédagogiques, qu'il essaie de motiver, de faire progresser en compétences, et auprès desquelles il doit être à l'écoute, en faisant preuve d'empathie lors de leurs difficultés. 

 

Et une inspection devrait être un ensemble de conseils pratiques utiles, formulés avec sympathie - donc sans colère, sans commentaires personnels humiliants -. Ce devrait être le moment de montrer toute l'empathie et la gratitude du système envers celle est ceux qu'il est heureux de trouver, toujours, pour s'occuper des apprentissages d'une jeunesse qui a perdu le respect du professeur.

 

Que pourrait-on dire d'un IEN, d'un IA-IPR, qui sortirait de son rôle de conseiller serein, donnant confiance, donnant des conseils d'amélioration de manière positive ?

 

Aurait-il tout simplement démérité envers sa hiérarchie, en s'autorisant un comportement qui ne convient plus à la Gestion RH de proximité que cherche à développer le système depuis 7 ans ? Ou serait-il malgré tout soutenu par sa hiérarchie quoi qu'il ait pu dire, et faire ?

 

En 2026, il semble que beaucoup de professeur(e)s aient envie, sur les réseaux sociaux, et dans des livres, des vidéos sur You Tube, de raconter, à leur tour, la manière dont un Conseiller Pédagogique (professeur nommé par un IEN ou un IA-IPR pour tutorer un professeur stagiaire), un Chargé de mission d'inspection (professeur nommé avec une décharge à cet effet par un IEN ou un IA-IPR), ou un Inspecteur titulaire, l'a traité(e).

 

Et, au 21e siècle, on ne peut que donner raison à cet(e) enseignant(e) de vouloir exprimer ce qu'il/elle a vécu, la manière dont les paroles l'ont meurtri(e), car une inspection, c'est une observation, une évaluation d'un séance de cours, c'est un ensemble de gestes professionnels à conseiller, un ensemble d'améliorations, pour savoir comment progresser. Là est le rôle de l'inspecteur. La colère n'a pas sa place dans pareil entretien, ni l'emploi de termes visant la personnalité du professeur. Ce devrait être une barrière, un mur, que l'inspecteur doit s'interdire de franchir pour mériter la poursuite de la confiance de sa hiérarchie.

 

La semaine prochaine, nous publierons le témoignage d'une professeur des écoles qui a décidé de publier avec un pseudo un ouvrage sur la maltraitance vécue dans l'Education nationale.

 

Si elle a "tenu le coup", c'est UNIQUEMENT pour  ses élèves. 

 

SOIS PROF ET TAIS-TOI ?


PROFESSEUR, SI TU EN AS MARRE DE TES INSPECTIONS-SANCTIONS, C'EST SIMPLE: QUITTE CE SYSTEME QUI TE MALTRAITE 

ET NE MERITE PAS TA CONFIANCE ET TON INVESTISSEMENT


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Commentaires: 4
  • #1

    Aide aux Profs (mercredi, 04 mars 2026 22:50)

    Bonjour Marie,
    Contactez-nous dans ce cas en complétant vos coordonnées ici:
    https://www.apresprof.org/vos-propositions/
    Nous verrons si nous pourrons, avec les réserves d'usage en pareil cas, publier votre témoignage.
    Cordialement

  • #2

    Aide aux Profs (mercredi, 04 mars 2026 22:57)

    Bonjour Frédéric,
    vous avez parfaitement raison. D'une part beaucoup d'étudiants et salariés devenant fonctionnaires ignorent totalement de quoi est composé ce statut, ils omettent d'acheter un guide sur les obligations des fonctionnaires, et on se demande pourquoi ça ne fait pas partie des épreuves dans tous les concours.
    Ensuite, malgré une Charte "QualiMarianne" de fonctionnement interne des administrations, on s'aperçoit malheureusement que c'est la loi du plus fort dans les relations entre agents, et que ceux qui ont la loi pour eux, ou qui la font à leur sauce, ce sont les hauts fonctionnaires. Il n'y a pas de limites, par de garde-fous, et certains cadres A et A+ en abusent, puisque ce sont eux qui commandent, et se soutiennent tous même quand un de leurs pairs déraille avec un comportement excessif.
    Seuls les parlementaires et les ministres pourraient changer ça, mais aucun ne le fait, car chaque ministre nommé est rarement spécialiste de son portefeuille, et doit systématiquement recruter ses conseillers, chef de cabinet et directeur de cabinet au sein de l'administration qu'il va superviser.
    Ce qui explique que lorsque le professeur se sent harcelé par un supérieur, ou se sent en souffrance au travail, le mieux qu'il puisse faire pour que ça dure le moins longtemps possible, c'est de chercher à se reconvertir, en se barrant le plus loin possible de son environnement professionnel qu'il estime maltraitant.

  • #3

    Aide aux Profs (mercredi, 04 mars 2026 22:58)

    Bonjour Anne,
    Contactez-nous dans ce cas en complétant vos coordonnées ici:
    https://www.apresprof.org/vos-propositions/
    Nous verrons si nous pourrons, avec les réserves d'usage en pareil cas, publier votre témoignage.
    Cordialement

  • #4

    Aide aux Profs (mercredi, 04 mars 2026 22:59)

    Bonjour Catherine,
    Contactez-nous dans ce cas en complétant vos coordonnées ici:
    https://www.apresprof.org/vos-propositions/
    Nous verrons si nous pourrons, avec les réserves d'usage en pareil cas, publier votre témoignage.
    Cordialement