Depuis 9 ans les professeurs ne comprennent pas pourquoi les politiques, les parlementaires, l'éducation nationale, interprètent toujours de travers leurs revendications.
L'éducation nationale serait-elle dirigée par des gâteux, devenus trop âgés pour être capables de comprendre ce qu'est devenu le métier d'enseignant que beaucoup n'ont jamais ou trop peu exercé, et en général dans de très bonnes conditions à leur époque en lycée, CPGE, Université ? Ou est-elle dirigée par des gens qui ne sont là que pour promouvoir leur belle carrière, migrant d'un poste prestigieux à un autre...?
Lecteur, nous te laissons juge de ce que les professeurs ont pu demander, à travers leurs mobilisations syndicales, depuis mai 2017, et de ce qu'ils ont réussi à obtenir.
Tu en profiteras pour faire tes comptes, de 2017 à 2026:
1) Combien de journées as-tu fait grève: ça t'a coûté combien au final sur 9 ans ?Sais-tu qu'un jour de carence, jour non travaillé, donc jour non payé, est un jour non cotisé, non comptabilisé dans tes trimestres-retraite ? Si tu fais souvent grève depuis l'application de ce système, cela peut te faire perdre jusqu'à 1 trimestre de temps à cotiser sur une carrière de 43 ans. Ces jours seront juste comptabilisés dans ta "durée d'assurance" pour tes annuités. Seule la durée cotisée déterminera le montant de ta pension.
2) Si tu fais partie des heureux professeurs augmentés par Jean-Michel BLANQUER entre 2017 et 2022, est-ce qu'avec +17,2% d'inflation depuis 2018, tu es toujours gagnant(e) par rapport à 2017 ?
3) Combien d'élèves avais-tu en moyenne en classe en 2017-2018, et combien en 2025-2026 ?
5) Quelles ont été les conséquences du "choc des savoirs" sur tes conditions de travail ?
6) Le Pacte t'a-t-il permis d'augmenter ton pouvoir d'achat, ou tu as constaté, toi aussi 'exemple de l'académie de Lille), que ce sont surtout des professeurs masculins qui ont le temps de faire des heures de Pacte au détriment des professeurs féminins, pourtant majoritaires dans les effectifs ?
AIDE AUX PROFS résume les choses:
1) Les professeurs veulent TOUS être augmentés pour compenser au moins l'inflation. Ceux de la génération "années 1980-1990/années 2020-2030" qui partent progressivement en retraite ont perdu 40 à 50% de pouvoir d'achat en moyenne, soit un sacré manque à gagner de 200.000 à 250.000 euros sur une carrière complète à plein temps. La valeur d'un bel appartement, d'une maison en province ! Ils ont été sous-payés, exploités pendant 40 à 43 ans !
2) Les professeurs attendent de leur Administration, et notamment de leurs Recteurs, de leurs Dasen, de leurs Chefs de Division, de leurs inspecteurs (IEN, IA-IPR, IGeSR), de leurs chefs d'établissement: de l'écoute, de l'empathie, du soutien dans leur difficile pratique professionnelle. Mais malheureusement c'est toujours le règne de l'autoritarisme, avec certains hauts fonctionnaires malfaisants, maltraitants (des centaines abusent de leur pouvoir, d'après les échos qui nous parviennent de toutes les académies depuis 20 ans, tous couverts par leur hiérarchie qui les défendent quoi qu'ils aient pu faire à un enseignant, l'association HELPEN corroborant notre constat). Les professeurs attendent que les nuisibles, parmi les hauts fonctionnaires toxiques, puissent être sanctionnés, et non simplement mutés et promus, voire médaillés des Palmes Académiques, de la Médaille du Mérite et de la Légion d'Honneur !
3) Les professeurs de tous niveaux en ont vraiment marre des "nouveaux programmes" ! Tous les ministres à de rares exceptions passent leur temps à faire défaire et refaire, surchargeant de travail les professeurs, pour au final se rendre compte que ce gymkhana permanent a conduit au recul des résultats des élèves au niveau européen ! Et la faute n'est pas à imputer comme d'habitude aux enseignants, NON ! La faute doit être attribuée à tous ces ministres qui se laissent influencer par leurs directeurs et chefs de cabinets, leurs conseillers, pour occuper l'esprit des professeurs au lieu de s'attaquer aux vrais problèmes !
4) Emmanuel MACRON et son Ministre Edouard GEFFRAY, souhaitent raccourcir les congés d'été des professeurs pour les réduire de 2 à 4 semaines, sans aucune compensation financière pour les professeurs bien sûr. C'est une urgence, vraiment ?
Ce que cache cette nouvelle lubie, ce n'est pas le niveau des élèves, qui sera toujours lamentable avec l'école inclusive dans des classes surchargées, et un laxisme endémique au niveau des sanctions envers les élèves indisciplinés, insolents et violents, mais bel et bien les propositions de certains sénateurs de s'acheminer petit à petit vers une annualisation du temps de travail des professeurs pour combler leur emploi du temps de tâches multiples et variées "incluses dans leurs obligations de service", dans l'objectif de réduire in fine le nombre des enseignants, et de les faire travailler toujours plus, pour le même salaire dégradé !
Le sénateur Max BRISSON a tenté l'annualisation avec un amendement LR adopté le 26.06.20219 et heureusement repoussé par le Gouvernement. "Ecole de la Confiance" vraiment ? Les professeurs savent depuis 2019 ce que LR a à l'esprit les concernant: l'annualisation de leurs services. La fin de leur horaire statutaire. LR veut profiter du papy-boom pour réduire le nombre d'enseignants et faire travailler beaucoup plus les professeurs, sans leur parler de revalorisation.
Au niveau du Sénat, "mesurer le travail de l'enseignant" tourne à l'obsession comptable d'année en année. Toujours le même Max BRISSON, Inspecteur Général Honoraire de l'Education nationale depuis 2018... on comprend déjà mieux la mission qu'il s'est donnée dont la réussite ferait grand plaisir à son administration d'origine. Max BRISSON voulait profiter du besoin de revalorisation des professeurs pour parvenir à leur imposer la révision de leurs obligations de service ! Lire attentivement ses propos sur ce lien.
Déjà Vincent PEILLON (PS) avait eu ce projet en mai 2012 en utilisant alors un décret de 2000 fixant la durée annuelle du travail à 1.607 heures dans la Fonction Publique.
Preuve que de Gauche comme de Droite, les Gouvernements tentent tous d'annualiser le temps de travail des professeurs. Le sénateur Gérard LONGUET s'appuyant sur l'article 2 du décret du 20.08.2014 voulait lui aussi faire passer la pilule de l'annualisation du temps de travail. Cette réflexion depuis plus de 14 ans, continue de germer dans l'esprit des sénateurs et des gouvernements qui y verraient leur intérêt: un cadrage précis, annualisé, du temps de travail des professeurs, permettant de les faire travailler plus longtemps dans leur établissement, et de leur imposer une multitude de tâches, pour un coût a minima.
02.12.2021: La Cour des Comptes propose elle aussi "une annualisation du temps de travail des enseignants".
08.06.2022: avec ce Rapport enregistré au Sénat le 8 juin 2022 "sur la comparaison européenne des conditions de travail et de rémunération des enseignants" Gérard LONGUET tente de nouveau de démontrer qu'il faut augmenter le temps de cours des enseignants.
20.04.2023: Comparaison européenne du temps de travail des enseignants sur Ouest-France
09.11.2024: Nicolas SARKOZY ancien Président de la République déclare :" le statut des professeurs des écoles (...) c'est 24h par semaine (...). Et ce qu'on ne dit pas (...) c'est que c'est six mois dans l'année, parce qu'entre les vacances et les week-ends..."
05.03.2025: Le député Macroniste Antoine ARMAND propose l'augmentation du temps de travail des enseignants" pour diminuer le nombre de fonctionnaires. Le Café Pédagogique en avait dressé une analyse.
13.06.2025: Le rapport du sénateur PACCAUD propose d'aggraver le métier d'enseignant en leur ajoutant "une heure de service".
27.08.2025: la Ministre Elisabeth BORNE dit qu'une IA va être proposée aux professeurs "pour les aider à préparer leurs cours". VIDEO ICI.
Voilà donc enfin l'occasion tant attendue par les sénateurs et les politiques qui ont tous préconisé l'annualisation du temps de travail des enseignants, pour arriver à démontrer que l'IA réduira dans un premier temps le temps de travail des enseignants, que la Cour des Comptes, le Sénat, les Ministres, les Députés, s'efforceront de compenser par une augmentation de l'horaire statutaire des professeurs, ou de leur imposer l'annualisation de leurs services, uniquement dans le souci de mettre fin à la pénurie des profs (et d'en réduire le nombre par la même occasion, cela commence déjà à la rentrée 2026).
Les professeurs, c'est 0,9 million d'électeurs. Nul doute qu'ils se souviendront des attaques de leur statut et de leur maigres revalorisations depuis 2017 puis 2022 aux prochaines élections présidentielles.
Un autre dessin du 29.08.2025 d'Anna CHRONIQUE, illustratrice pour AIDE AUX PROFS en 2025-2026, pour imager ce qui risque bien de concerner les professeurs d'ici mai 2027, ou avec l'un des prétendants à la succession d'Emmanuel MACRON :
Comme les syndicats de professeurs ne mobilisent plus autant que du temps de la puissante F.E.N dans les années 1970/1980/1990, le Gouvernement sait qu'il peut fragiliser progressivement les conditions de travail des enseignants sans qu'ils réagissent. Autrefois plus de 70% des professeurs étaient syndiqués, et depuis la dispersion des troupes en une multitude de syndicats, cela a créé une telle cacophonie qu'il ne reste plus que 30% des professeurs syndiqués. Les "partenaires sociaux" sont donc en minorité par rapport à la masse, mais continuent de signer pour 100% des professeurs qu'ils sont censés représenter.
De facto, tout nouveau professeur stagiaire parvenu dans ce métier par concours se fait lourdement duper. Il croit être défendu, mais entre dans un système où tout est piloté et verrouillé d'en-haut, avec des syndicats qui ne se battront pas pour lui/elle quand il/elle souhaitera repartir en démissionnant ou par rupture conventionnelle (les syndicats ne font pas de recours gracieux ni hiérarchiques pour les départs définitifs), et une administration peuplée de cheffaillons dont une proportion de harceleurs non quantifiable, jamais sanctionnés quel que soit le nombre de professeurs et d'agents qu'ils aient pu fragiliser voire détruire psychologiquement.
Reprenons stricto sensu les propos du Ministre Edouard GEFFRAY:
"...ces inspecteurs, en humanité..."
"...décisions administrativo-bureaucratiques..."
"...traitement juridico-administratif... voire bureaucratique, d'une situation dramatique...il faut profondément humaniser nos procédures de gestion administrative dans un ministère qui compte un million deux cent-mille agents...."
=> cela peut-il être une excuse, ce chiffre important d'agents alors qu'il y a suffisamment d'agents administratifs pour les gérer ?
=> Le Ministre a été DGRH de 2017 à 2019 sous le Ministre Jean-Michel BLANQUER, chargé de déployer "la GRH de proximité": est-ce un aveu d'échec de cette "GRH de proximité", qui n'a pas tenu ses promesses, malgré le recrutement de plus de 400 Conseillers Mobilité Carrière dans les 30 académies, censés servir de médiateurs entre les professeurs et leurs inspecteurs et/ou chefs d'établissements en cas de conflits de personnes ?
Edouard GEFFRAY dit aussi :
"...ceux qui gèrent les autres, ce sont aussi des hommes et des femmes..."
"...ils ne sont pas inhumains. Je suis désolé de le dire aussi."
"...parfois il y a effectivement une mécanique qui peut se mettre en place..."
"...parfois comme partout... il y a des gens qui peuvent avoir des déviances personnelles, il faut les sanctionner..."
"...mais ce n'est pas une Institution inhumaine par ailleurs."
=> Ce n'est pas l'avis de notre association, qui est contactée depuis bientôt 20 ans par 500 à 1.500 professeurs selon les années, et plus de 22.000 à ce jour, de toutes les académies, du 1er degré et du 2nd degré, de toutes les disciplines, hommes et femmes, qui nous exposent, en les nommant, tout ce que tel IEN, tel IA-IPR, tel IGEN, tel Chef d'établissement, tel(le) Conseiller Pédagogique, tel(le) Chef de Division, leur a fait subir ou leur fait encore subir.
=> la réponse du Ministre, qui insiste sur "l'humanité des hommes et des femmes" composant l'éducation nationale, donne envie à notre association de diffuser tous les témoignages anonymés des professeurs qui nous parviennent de toute la France. Nous sommes en mesure d'en publier plus de 7.000 depuis mai 2017 si nécessaire, pour illustrer l'inhumanité de milliers de réponses de l'administration, de l'inspection, de directions d'écoles, de collèges, de lycées. Nous le ferons toute l'année 2026-2027 pour instruire sur les stratégies malfaisantes de certains "humains" de cette Institution.
=> On nous rétorquera que les professeurs qui nous contactent, ne constituent depuis 20 ans qu'à peine 2% de la masse...mais ils sont nettement plus nombreux à contacter tous les syndicats avec de pareilles histoires, affaires, où tous les professeurs savent que malgré leur statut de "cadre pédagogique bac+5", c'est comme exécutants qu'ils sont traités, sans droit à se défendre, dans des procédures toujours à charge, défaussant leur hiérarchie de toute responsabilité.
=> Comme le dit Edouard GEFFRAY devant les députés, reprenons ses mots: "...parfois comme partout... il y a des gens qui peuvent avoir des déviances personnelles, il faut les sanctionner...".
=> au-delà des mots, et pour soulager les maux de milliers de victimes de l'Institution, nous attendons des actes. La sanction effective, et non la promotion, d'une partie de ces hauts fonctionnaires qui se comportent comme des cheffaillons, parfois des harceleurs, au mépris du bien-être des professeurs qu'ils ont le devoir de protéger, de soutenir, d'accompagner, et non pas de sanctionner quoi qu'ils puissent endurer, et donc se plaindre.
=> ce n'est pas l'avis de l'association HELPEN non plus, qui interpelle le Ministre de l'Education nationale et attend des réponses, déplorant comme nous depuis plusieurs années les difficultés des services DGRH et des conseillers successifs des cabinets de ministres de l'éducation nationale, à répondre aux courriels et courriers de nos associations.
5) Lutter contre les violences scolaires: au lieu d'être ferme contre les semeurs de troubles que sont les élèves et leurs parents dans certains cas (insultes verbales, agressions physiques), l'éducation nationale préfère porter la responsabilité des incivilités sur ces professeurs qui auraient dû faire preuve de pédagogie. Certains chefs d'établissement vont jusqu'à parfois demander au professeur de "s'excuser" face aux élèves dont ils sont les victimes pour éviter d'avoir des conflits avec leurs parents.
C'est ce que l'on appelle "LE PAS DE VAGUES".
Dès lors que toute l'Institution n'est pas en soutien plein et entier de ses professeurs, au lieu d'attendre que des affaires soient hyper médiatisées pour y penser, le professeur ne peut pas se sentir en sécurité psychologique ni physique dans pareil système.
Dès lors qu'il n'y a jamais de sanction de destitution de hauts fonctionnaires ciblés par des plaintes de harcèlement, de comportements de maltraitance récurrents envers tel ou tel agent, tel professeur, de la part de tel ou tel, couvert par les collègues de "sa caste", dès lors qu'il n'existe pas de sanctions dissuasives envers les hauts fonctionnaires, RIEN NE POURRA CHANGER DANS CE SYSTEME.
NON, Samuel PATY dès le départ des menaces engagées contre lui, n'a pas bénéficié du soutien dont il aurait eu besoin. Si cela avait été le cas, il serait toujours vivant actuellement. Ecoute attentivement "11 jours de solitude" de Anne ROSENCHER sur RADIOFRANCE.
Depuis son assassinat, l'Institution a tout mis en oeuvre pour faire oublier ces 11 jours de solitude de Samuel PATY et redorer son blason d'Institution protectrice.

Écrire commentaire