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Emmanuel MACRON affirme que le portable sera interdit au lycée à la rentrée 2026. Mais l'éducation nationale échoue déjà à l'interdire dans tous les collèges...


C'est l'histoire de politiciens qui font comme si leurs déclarations étaient immédiatement mises en oeuvre pour se donner le sentiment de maîtriser encore les choses. Mais dans le cas présent, l'usage des smartphones par les collégiens et les lycéens, c'est un échec. Emmanuel MACRON vient d'affirmer que le mobile serait interdit au lycée à la rentrée 2026, en oubliant de mentionner qu'au collège, ça n'avait concerné que quelques établissements par département, contrairement aux promesses...

 

Du côté des lycéens comme des collégiens, leur imagination débordante fera que la volonté des politiques fera à nouveau un flop. Gabriel ATTAL alors Ministre de l'Education nationale durant 4 petits mois s'était livré à des déclarations tonitruantes dans les médias pour assurer qu'à la rentrée 2024 ce serrait effectif dans tous les collèges de France et des Dom.

 

Il n'en a rien été, puisqu'il est devenu Premier Ministre et avait d'autres préoccupations que d'appliquer ce qu'il avait promis. Il a promis tellement de choses aux enseignants qu'il n'a pas eu le temps de tenir, qu'il est permis de s'interroger sur ce type de stratégie politique qui ne consiste qu'à faire de grandes déclarations dans tous les médias.

 

Amélie OUDEA-CASTERA est passée telle une comète aux rênes du Mammouth, Nicole BELLOUBET s'est contentée d'assurer la mesure d'interdiction du smartphone au collège à raison d'un ou deux par département... Anne GENETET a laissé les recteurs s'occuper de cette gestion, et Elisabeth BORNE a juste confié à son cabinet le soin de maintenir le cap.

 

Que fera Edouard GEFFRAY, en aura-t-il le temps, dans cette instabilité ministérielle importante, alors que l'Education nationale en est déjà à 7 ministres en 3 ans ? Pour l'instant il investit sur sa passion personnelle: l'Ecole au Cinéma. 

Depuis une dizaine d'années le quotidien des enseignants est devenu pénible avec des élèves qui n'ont plus le respect de ce sanctuaire qu'était la classe.

 

Ils photographient, enregistrent, filment, et diffusent tout ce qu'ils peuvent sur leurs réseaux sociaux préférés. Volontairement mais en pleine inconscience, ils font courir de graves dangers à tous leurs enseignants et à leurs camarades en livrant des visages, des lieux précis, parfois des noms, à la vindicte publique des réseaux sociaux. Il y a tellement de critiques sur les professeurs que ça les alimente.

 

Des professeurs harcelés sur les réseaux sociaux dont l'image a été détournée, ou qui découvrent que leur posture en classe est moquée, ou qui sont victimes d'une création de compte Instagram ou Tik-Tok à leur nom, sont légion. 

 

Ils portent plainte à la police et la justice classe systématiquement leurs plaintes "sans suite". L'usage du smartphone par les adolescents a ajouté de la complexité à leur métier.

 

Certains professeurs usent d'une autre stratégie en ayant intégré l'usage du smartphone dans leur pédagogie, leur permettant d'épuiser la batterie de l'outil de leurs élèves à chacun de leurs cours, rendant service d'une certaine manière à tous leurs collègues de l'établissement.

 

L'affirmation de la "généralisation de l'interdiction du téléphone portable dans les écoles et les collèges" est fausse. Tous les enseignants le savent. Les hauts fonctionnaires ont besoin de montrer leur efficacité, donc ils préfèrent affirmer haut et fort que "ça marche, c'est fait", pour justifier les 65 milliards d'euros du budget de leur ministère, et leurs primes conséquentes.

 

En fait, s'il est relativement possible d'interdire le portable en école primaire, car les élèves sont peu nombreux à en utiliser un, en revanche, en collège c'est nettement plus difficile avec des adolescents en recherche d'eux-mêmes, en pleine crise d'adolescence, qui rivalisent d'ingéniosité pour contrer l'interdiction. Plus de 4 élèves sur 5 a déjà eu 3 à 5 appareils dans sa courte vie, pour obtenir le smartphone dernier cri, dans des familles recomposées où chaque parent cherche à s'attirer l'attention de son enfant par un plus beau cadeau.

 

Résultat ? L'élève lambda a au moins deux smartphones: un vieux qui ne fonctionne pas et qu'il remettra s'il lui est demandé, arborant alors sa mine la plus triste pour donner le change, tandis que son vrai portable fonctionnel sera toujours en veille mais en silencieux dans son sac ou au fond de son manteau, toujours prêt à enregistrer, photographier, filmer.

 

Alors plus l'âge des adolescents s'accroît, plus leur capacité à tricher augmente. Cette interdiction est un serpent de mer, un mensonge collectif que les enseignants ne croient pas, mais tout l'art des ministres et de leur chaîne hiérarchique où chacun pense à sa prochaine promotion, c'est d'affirmer que c'est effectif.

 

Pour l'Education nationale, c'est effectif en école et en collège Les élèves ont le sourire en mettant leur téléphone portable dans le casier: ce type de situation ne se produit jamais dans la réalité: ce sont des pleurs, des cris, des contestations. Tout individu addict à son smartphone a énormément de mal à s'en séparer. C'est une difficulté de plus dans le quotidien de l'enseignant, qui perd au moins 10 à 15 mn en début de cours à récupérer les smartphones pour les placer dans la boîte de la classe, et plus de 10 mn en fin de cours à les remettre à chacun, avec des risques de vols non négligeables. Et qui les parents accuseront-ils ? Le professeur, bien sûr, fusible idéal de cette opération de confiscation temporaire.

 

27.08.2025: Comme si cela suffisait, Elisabeth BORNE "rappelle l'interdiction des téléphones portables dans les collèges à la rentrée 2025". Elle est partie sans que cela soit effectif dans 90% des collèges. Le dire, ça n'est pas le faire.

 

27.08.2025: Claude LELIEVRE nous rappelle fort justement que l'interdiction du portable à l'école faisait partie du programme présidentiel d'Emmanuel MACRON il y a 8 ans... une loi a bien été promulguée en 2018 mais tout enseignant peut affirmer qu'elle n'a guère eu de suite dans la majorité des établissements.

 

14.10.2025: Charente-Libre est honnête en affirmant que la consigne d'interdiction est  ignorée dans les collèges

 

28.11.2025: les syndicats de l'enseignement fustigent l'annonce d'Emmanuel MACRON lancée sans aucune concertation préalable

 

Mais qu'est-ce qui dérange le plus l'Education nationale dans l'histoire: que des élèves sèment un peu la pagaille en filmant en cachette leurs profs, ou que des profs aient un succès énorme en se filmant en train de faire classe ?

 

Exemple 1  -  Exemple 2  -  Exemple 3  -  Exemple 4  - Exemple 5 - Exemple 6 -

EN THEORIE CELA DEVRAIT ETRE CELA DANS LES 5.265 COLLEGES

MAIS C'EST PAS GAGNE...

ESSAI REUSSI DANS.... 200 COLLEGES SUR 5.265 COLLEGES

(soit 3,8% des collèges de France)

 

MAIS QU'EST-CE QUI PREOCCUPE LE PLUS L'EDUCATION NATIONALE: QUE LES ELEVES S'EN SERVENT EN CLASSE, OU QUE LES PROFESSEURS AIENT UN ENORME SUCCES AVEC LEURS VIDEOS TOURNEES EN CLASSE DANS UN SYSTEME HABITUE DEPUIS 1881 A TOUT CONTROLER ?

 


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