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Professeurs et élèves suffoquent dans leurs classes, mais pas de panique: 7 jours après le début de la vague de chaleur, les consignes du Ministre arrivent


Depuis le 21 mai la France subit une vague de chaleur rare pour un mois de mai. Une chaleur tellement intense, que professeurs et élèves se demandent comment ils vont tenir le coup dans ces conditions jusqu'à début juillet, surtout depuis la "reconquête du mois de juin" qui a repoussé les conseils de classe plus tard. Le Ministre l'assure: tout va bien se passer, des consignes viennent d'être adressées le 26 mai aux chefs d'établissement. 5 jours après le début de la vague de chaleur. 

Actuellement, chaque professeur se met à rêver d'une classe exposée plein nord, avec des fenêtres qui peuvent s'ouvrir en grand, des rideaux qui ferment bien, et deux ventilateurs par salle.

 

Mais voilà, ça c'est dans un monde idéal.

 

La réalité, ce sont des salles exposées Sud, Ouest, Est, pas climatisées sauf si le professeur achète lui-même un ventilateur, et dont les fenêtres équipées de serrures pour éviter de les ouvrir trop grandes pour des soucis de sécurité, s'ouvrent juste à l'espagnolette. Et des rideaux qui manquent, ou qui sont déchirés, ou qui n'occultent qu'une partie de la classe.

 

Alors les professeurs tentent quand même de créer un courant d'air, entre la porte ouverte et le mince filet d'air qui parvient par les fenêtres qui s'ouvrent sur 5 cm environ. Un cours de français devient un cours d'anglais et inversement quand le collègue de la classe de l'autre côté du couloir parle fort, et c'est difficile d'aller lui dire de la mettre en sourdine. Les élèves finissent par écouter celui des deux cours qui les intéresse le plus.

 

Et le temps de cuisson est de 55 mn, thermostat 5 à 7 pour 15 à 40 élèves selon le niveau, avec fréquemment des classes de 25 à 30 en collège et 30 à 40 en lycée. A la température s'ajoute la chaleur humaine, toutes ces respirations de transpiration et de suffocation lente, tout au long de la journée. Ca souffle, ça expire, ça transpire, ça suffoque...

 

La première heure, ça va encore, mais au fil de leur journée les élèves s'agitent, s'énervent, la chaleur devient intense, c'est comme une punition collective d'être obligés de venir s'asseoir là, face au bureau du prof, et même pour ceux qui ont adopté la répartition en îlots (par 4 à 6), c'est difficile de garder son attention.

 

Chaque élève a apporté sa bouteille d'eau. Certains en mettent sur un mouchoir, une serviette, et se tamponnent la visage, d'autres ont fabriqué un petit éventail papier pour l'agiter devant leur visage et créer un peu d'air. D'autres boivent mais savent qu'il leur faut tenir l'heure avec le contenu de eur bouteille de 50 cl. Et surviennent inévitablement les "monsieur je peux aller aux toilettes ? c'est pressé..." Alors pour éviter un tant soit peu les problèmes de sécurité que serait d'envoyer seul un élève hors de la classe sans présence d'un adulte, on envoie avec lui un des deux délégués de classe, allez, chacun son tour. Une déléguée fille quand c'est une fille qui veut aller aux toilettes, un délégué garçon quand c'est un garçon qui le demande.

 

C'est une gigantesque garderie. Il y a à un instant T 70% des élèves en classe et 30% dans les couloirs à se croiser qui pour aller remplir sa gourde d'eau, qui pour aller aux toilettes, et les AED et CPE traquent dans les couloirs et les escaliers, et près des robinets, ceux qui décideraient de commencer à faire des bêtises.

 

Le ministre recommande d'hydrater régulièrement les élèves. Cela suppose à la base d'acheter des petites bouteilles d'eau, il faut donc supposer que chaque établissement a reçu une dotation spécifique à cet effet ?

 

"Faire en sorte qu'ils puissent aller dans la cour quand les salles sont trop chaudes": ah bon, parce que dans la cour, si elle n'est pas ombragée, il fera moins chaud ? 

 

Est-ce que le bon sens plutôt que de transformer les écoles, collèges et lycées en gigantesques bouilloires dans des établissements pas toujours bien conçus pour faire face à des périodes de chaleur intense, ce ne serait pas plutôt, à partir de 32°C, de recommander aux parents de garder leurs enfants chez eux ? Ce serait une mesure de sécurité publique, évitant de faire peser trop de risques sur les chefs d'établissement et les personnels enseignants en cas de malaise, d'accident d'un élève très incommodé par la chaleur. A l'évidence, la France n'est pas prête pour le réchauffement climatique. Il a fallu attendre 5 jours que la vague de chaleur ait commencé pour que les consignes générales parviennent aux chefs d'établissement.

 

Il est possible d'espérer que la majorité n'ait pas attendu les "consignes officielles" pour agir. Tous les chefs d'établissement et les enseignants sont des gens intelligents tout de même, avec Bac+3 à Bac+5 (voir Bac+10 pour ceux qui ont un Doctorat).

 

Et pour décider de fermer un établissement, le Ministre renvoie la balle aux Préfets. C'est ici que l'on découvre que le Ministre de l'Education nationale n'a pas de pouvoir décisionnel de fermer un établissement quand il fait trop chaud. 

 

Les consignes ont été adressées le 28.05.2026 aux chefs d'établissement. Une semaine après la début du dôme de chaleur. Quand Météo France parle de dôme de chaleur, c'est pourtant compréhensible.

 

Il est peut-être temps de supprimer ce système de fonctionnement, et de penser "l'éducation nationale" comme une "éducation régionale", en supprimant les administration centrales, le cabinet du ministre et la fonction de ministre, pour faire de chaque académie une entité pleinement autonome, capable de s'adapter, selon son climat et ses catastrophes naturelles, en prenant rapidement les décisions qui s'imposent sans attendre "les consignes d'en-haut". Il faut en effet attendre qu'on souffre à Paris de la chaleur, pour envoyer des consignes à tous ceux qui souffrent déjà depuis 5 jours.

 

Le syndicat FNEC-FP F.O dit avoir alerté le Ministre depuis pas mal de temps  sur l'ineffectivité du plan canicule...

 



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