1) Le Niveau de recrutement pour acquérir le statut de fonctionnaire change en fonction du degré d’attractivité du métier, souvent lié
à la hauteur de la rémunération de base et tout au long de la carrière, et à la médiatisation qui est faite des conditions de travail et des éventuels dysfonctionnements du système.
2) La Gestion des Ressources Humaines, est juste la nouvelle appellation de la « Gestion des Personnels » et ce n’est ni plus ni moins qu’une
Gestion des Effectifs en poste en une « année scolaire N ». Les DRH gèrent les entrées et les sorties. En fait, ils s’efforcent surtout de faire entrer un maximum de nouveaux
professeurs, en évitant au maximum d’accepter les velléités de départs.
3) Si tu décides de passer un concours, pour devenir titulaire, donc fonctionnaire pour l’enseignement Public, ou « fonctionnaire
assimilé » (mais là tu t’es fait avoir, tu n’auras pas les avantages des fonctionnaires) pour l’enseignement Privé sous contrat, tu obtiendras la « sécurité de l’emploi ». Et en
contrepartie, tu perdras ta liberté d’expression (sur les dysfonctionnements du système dont tu deviendras vite un observateur passif), ta liberté de mobilité géographique et
professionnelle (car pas question de te laisser repartir, vu la masse de fric investie pour t’attirer vers la sécurité de l’emploi).
4) Si tu veux repartir un jour (ce qui n’est absolument pas prévu), ce sera mal perçu par ton chef d’établissement et par ton inspecteur, tous
deux chargés de t’en dissuader (en te proposant des solutions de mobilité interne dont tu finiras par te contenter). Et si tu insistes pour repartir, ce n’est de toute façon
prévu qu’au 1er septembre de l’année scolaire, soit 1 jour sur 365, et dans 9 cas sur 10 on te refusera ta démission (si, si, c'est très courant dans ce système d'enfermement organisé
!)
Tu ne pourra donc saisir aucune opportunité professionnelle en cours d’année scolaire (car tu deviendras alors « un traître, coupable de quitter tes élèves en cours d’année scolaire). Ce qui t’exclue durablement du marché de l’emploi privé, maintenant que tu as été attiré dans le carcan du cocon.
5) Achète d’abord « les statuts des agents de la fonction publique » aux éditions Gereso dans la collection «
L’essentiel pour agir », pour bien comprendre où tu voudrais « mettre les pieds ». Tu comprendras alors mieux les droits et surtout les devoirs et les obligations des fonctionnaires
envers leur administration.
Depuis les années 1880-1890, jusqu’aux années 1980-1989, les professeurs du 1er degré, appelés instituteurs, sont formés dans des Ecoles Normales. C’est
très grossièrement résumé car il y a eu durant ce siècle là une multitude de micro-évolutions, de revirements, d’abandons de réformes… bref, il faut que tu commences à t’y faire
: la France adore dépenser l’argent des impôts de ses citoyens (c’est pour cela que son endettement devient colossal en 2025) dans des réformes continuelles qui détricotent
toujours ce que le gouvernement précédent aura patiemment tricoté.
Changement de la formation initiale des futurs profs, changement des programmes scolaires, changement des rythmes scolaires, changement des ministres : tout, en France, est prétexte à dépenses publiques, puisqu’il y a environ 92% de vaches à traire, étant donné que tous les gouvernements épargnent les « riches » (mégariches, ultrariches, soit moins de 8% de la population… 5,4 millions de citoyens quand même en 2026).
A la fin des années 1980, plusieurs constats sont faits pour modifier le mode de recrutement des profs :
- Les besoins en enseignants au sein du système augmentent
- Une crise des vocations sévit à cette période (il faut donc trouver un subterfuge pour relancer l’attractivité)
- Le Gouvernement décide de revaloriser le niveau de qualification des instituteurs
- Une campagne publicitaire financée à coups de millions auprès d’agences chères, est destinée à donner envie d’enseigner
- Il est désormais indispensable d’obtenir une Licence3 pour enseigner dans le 1er degré (comme dans le 2nd degré)
1989 sous Lionel JOSPIN : Création des IUFM (Instituts Universitaires de Formation des Maîtres), en leur donnant une bonne
indépendance de conception de leurs maquettes de formation.
- Financement des maquettes de formation
- Création de logos par des agences spécialisées, déclinés sur tous les supports d’information et sur les façades des bâtiments…
- Changement majeur pour les instituteurs invités à opter pour le nouveau corps de Professeurs des Ecoles (PE). (certains instituteurs refusent pour conserver
leur logement de fonction et leur droit de partir à la retraite à 55 ans, car le choix de la nouvelle échelle de rémunération leur faisait perdre ces avantages énormes)
2005, sous François FILLON : les IUFM deviennent des EPA (Etablissements Publics Administratifs), devenant des écoles internes à
leur université de rattachement.
- Création de logos par des agences spécialisées, déclinés sur tous les supports d’information et sur les façades des bâtiments…
2010, sous Luc CHATEL : il faut revaloriser la fonction de professeur pour la rendre plus attractive : désormais les professeurs devront
être recrutés à Bac+5 au lieu de Bac+3 ! (ndlr : Nicolas SARKOZY pensait à sa réélection, et après la purge que fut la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) qui avait
supprimé 80.000 postes de profs en profitant du non remplacement d’un départ en retraite sur deux, il est évident que le projet induit par le niveau Bac+5 était de décourager les étudiants de
passer les concours pour accroître la proportion de professeurs contractuels et réduire les dépenses futures de l’Etat en économisant des charges mensuelles de pensions civiles).
2011, sous Luc CHATEL : les professeurs du 1er degré et du 2nd degré sont tous recrutés à Bac+5. Les universitaires spécialisés en Sciences de l'Education
exultent: ils vont professionnaliser les professeurs et leur imposer un langage didactique de plus en plus technique pour décrire tous les actes d'enseigner, déclinés dans toutes les
disciplines. Certains rivaliseront d"ingéniosité... et c'est là qu'apparaissent les premiers burn-out dès les premières années d'enseignement (cf
étude de Laurence BERGUGNAT et Nicole RASCLE) : 1 professeur des écoles sur 5 finit en burn-out, complètement épuisé, dans les 2
ans. Merci qui ?
2013, sous Vincent PEILLON : Suppression des IUFM, remplacés par les ESPE (Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Education). Désormais les
étudiants bénéficient d’une année de Master 1 à l’ESPE et une année de Master 2 en alternance entre leur statut de stagiaire à l’ESPE et leur statut de fonctionnaire-stagiaire en
classe.
- Les ESPE forment désormais les enseignants de Maternelle, de Primaire, du Collège, du Lycée et de l’Université, et les futurs CPE
(Conseillers Principaux d’Education) : l’objectif est de créer une culture partagée.
- Financement des maquettes de formation
- Création de logos par des agences spécialisées, déclinés sur tous les supports d’information et sur les façades des bâtiments…
2019, sous Jean-Michel BLANQUER (pour une Ecole de la Confiance…) : remplacement des ESPE par les Inspé (Instituts nationaux
supérieurs du professorat et de l’éducation).
- Réajustement des maquettes de formation
- Création de logos par des agences spécialisées, déclinés sur tous les supports d’information et sur les façades des bâtiments…
- Emmanuel MACRON dira qu’il n’a pas « un pognon de dingue » pour revaloriser les professeurs. Le Ministre se contentera donc, comme tous ses
prédécesseurs, d’augmenter les jeunes enseignants, jusqu’à une ancienneté de 15 années environ.
- Ce qui d’une revalorisation à l’autre, n’aura pas cessé de réduire le différentiel de rémunération entre ceux qui arrivent, et ceux qui sont
empêchés de repartir dans le système, et voient leur rémunération avancer comme une limace de leur 5e à leur 30e année de carrière. Gagner moins de 2.500 € nets pendant 25 ans, ça fait
lourd quand même, pendant qu’en Suisse, en Allemagne, au Luxembourg, les enseignants gagnent 2 à 3 fois les salaires des pauvres enseignants français.
2025, sous Elisabeth BORNE :
- Réforme de la formation initiale des professeurs
- Recul du recrutement de Bac+5 à Bac+3
- Bingo, plus besoin d’augmenter les professeurs ! En effet, les précédentes revalorisations ayant été conçus pour des Bac+5, les Bac+3 seront donc
fort bien payés à leur niveau
Fin 2025, Edouard GEFFRAY s’en félicite : plus de 265.000 inscriptions aux concours d’enseignement pour la session 2026 !
- Dans le 1er degré, les inscriptions ont doublé avec 102.027 (oui mais s’il y a 2 concours, chaque étudiant passant 2 concours, on divise par
deux, et donc ça n’a pas doublé, n’est-ce pas ?)
- Dans le 2nd degré, les inscriptions augmentent de 46,3% mais comme chaque candidat s’est inscrit aux deux concours… hum hum… il n’y aura pas plutôt une
petite baisse ?
- En 2025, entre les inscrits et les présents à la première épreuve, le chiffre avait été réduit de 57%
- Nul doute que les candidats se sont inscrits à d’autres concours administratifs.
2026 : Le vote du budget 2026 ayant échoué le 19 décembre 2025, Edouard GEFFRAY, 7e Ministre de l’Education nationale de ce 2e quinquennat très
perturbé, indique que sans budget, le double concours et la réforme de la formation des professeurs pour la rentrée 2026 ne peuvent avoir lieu.
Sur les réseaux sociaux et dans les médias, c’est la consternation totale chez les étudiants et salariés inscrits :
LA MONTAGNE, 07.01.2026
VOUSNOUSILS, 06.01.2026
LE CAFE PEDAGOGIQUE,
06.01.2026
RADIO France, 05.01.2026
Bienvenue en absurdie : c’est ça, constamment, en France, l’Education nationale. Il faut commencer à t’y habituer : si tu deviens professeur en France, ce
sera ça pendant 43 ans.
- Des décisions, des ajournements, des changements de cap, de programmes scolaires, de rythmes scolaires, de manières de concevoir les cours, de
concevoir les évaluations, etc. Des injonctions contradictoires en veux-tu en voilà, avec des hauts fonctionnaires passant leur temps à appliquer les changements de direction de leurs
ministres, pourvu que chacun pense à augmenter généreusement leurs primes et à leur attribuer une médaille (Palmes Académiques, puis Médaille du Mérite, puis Légion
d’Honneur).
- Cela épuise un enseignant au bout de 8 ans en moyenne. Les études de Carrefour Sante-UNSA depuis une vingtaine d’années établissent qu’à 8,3 ans,
les professeurs ont « fait le tour de leur métier ». Et dans le 1er degré, entre 15 et 18% des nouveaux Professeurs des écoles au bout de 2 ans, étaient en
burn-out d’après la recherche de Nicole RASCLE et de Laurence BERGUGNAT publiée en mars 2013
- Et ça coûte un pognon de dingue.
- Tu arrives motivé(e), enthousiaste, dans un métier-passion, pour finir sur les rotules, inemployable ailleurs, dans 1 cas sur 5, au bout de 2
ans. En suppliant qu’on t’accorde un congé de longue maladie (CLM) puis un congé de longue durée (CLD) et qu’on acceptera de te laisser repartir de cette prison dorée.
- Et ce Gouvernement qui cherche à faire des économies et qui ne sait pas où les chercher… tu n’aurais pas une idée à lui suggérer par hasard
?
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