Ce n'est pas un politicien mais un pur produit de l'énarchie, qui depuis ses 25 ans enchaîne des postes prestigieux comme d'autres collectionnent les perles:
- Conseiller d'état,
- Secrétaire général de la CNIL,
- Directeur de cabinet d'un Ministre de la Justice éphémère,
- DGRH de l'Education nationale sous Jean-Michel BLANQUER dont il a beaucoup appris,
- DGESCO de l'Education nationale sous plusieurs ministres de ce même ministère,
- puis de nouveau Conseiller d'Etat, passionné de Cinéma et de Droit.
Puis Ministre du MENJS :
Dès son arrivée Rue de Grenelle, il a promis de ne pas faire de réforme des programmes: normal, il est assis sur un siège éjectable dans le contexte d'un Parlement divisé entre toutes les forces politiques qui s'entendent difficilement pour doter la France d'un budget qui lui permette de faire de colossales économies.
A tout moment, le Gouvernement peut être censuré si son budget ne plaît pas à ses adversaires politiques. Et le Ministre être démissionné, comme plusieurs de ses prédécesseurs.
Mais peu à peu il prend la mesure de ses responsabilités, et dévoile son programme: La Rigueur. C'est un passionné de Droit, de lois, qui a publié chez DALLOZ en 2021 un "Code de la protection des données personnelles" pour bien expliquer le RGPD du 25 mai 2018 et ses conséquences.
Ce qui l'anime, c'est le Service Public, en parfait énarque qu'il est, formé à piloter des masses, féru de lois et de Droit, se voulant digne de la formation reçue à l'ENA. Sa grande capacité de travail lui a permis d'occuper aussitôt les plus hauts postes d'un Ministère gigantesque où tant de hauts fonctionnaires passent plus de 35 ans à grimper un à un tous les grades, sans même lui arriver à la cheville.
Il a déjà obtenu la Légion d'Honneur le 29.12.2023 quand il était DGESCO, après avoir été ex officio commandeur des Palmes Académiques le 24.07.2019.
De quoi pourrait-il rêver maintenant ?
Il n'est pas l'Homme des grandes déclarations, ce n'est pas un Jean-Michel BLANQUER omniprésent dans les médias, mais il a à coeur de contribuer au recrutement des professeurs en se mettant en scène, lui qui n'a jamais enseigné en REP comme PE ni comme Professeur Certifié. Il vante le plus beau métier du monde, beau certainement au Lycée de jeunes filles de la Légion d'Honneur, mais pas dans les établissements prioritaires le plus pénibles, qui sont de plus en plus nombreux.
Peu à peu ses intentions se dévoilent et effraient les élèves de collège, de lycée, et une partie des professeurs :
- imposer une mutuelle, la MGEN, que bon nombre de professeurs qui en ont souscrit une autre, refusent d'imaginer sur les réseaux sociaux, la trouvant "chère" avec "de moindres remboursements en dentaire et en optique", notamment, que dans toute autre mutuelle.
- il veut redonner de la crédibilité au Bac (et il a bien raison !), ce qui en fait déjà une terreur pour les élèves de Terminale qui s'imaginaient comme leurs prédécesseurs pouvoir être repêchés jusqu'à 06/20 de moyenne pour aller à l'oral, et bénéficier des politiques académiques de relèvement en douce au Rectorat de leurs notes pour que leur académie affiche les meilleurs taux possibles de réussite (Gabriel ATTAL fut le seul ministre de l'éducation nationale suffisamment courageux pour le dire au grand public, ce que tous les professeurs et leurs syndicats dénonçaient depuis 20 ans, et qui a fortement entamé le prestige des enseignants). Ceux qui préparent le Bac s'attendent déjà à un mauvais film.
- il veut redonner de la crédibilité au Brevet des Collèges ("DNB", pour les initiés) en attribuant 60% des points aux épreuves finales au lieu de 50% comme jusqu'ici. Les Collégiens en trouillent déjà... Et certainement qu'il ne sera pas aussi laxiste que ses prédécesseurs pour tenter de faire croire que l'on atteint 80 à 100% de réussite au DNB dans toutes les académies. Avec lui, les mensonges académiques sur les résultats, ce sera fini, semble-t-il.
- il a prévu la suppression de 4.000 postes de professeurs dans la masse des 884.000, soit 0,45%, c'est pinut's mais beaucoup trop selon les syndicats habitués à ce que chaque Ministre en ajoute de plus en plus. Lui, connaît bien ses chiffres pour avoir été DGRH, et sait que les classes d'âge seront de moins en moins nombreuses entre 2018 et 2028 "où l'on aura perdu un million d'élèves" dit-il dans cette interview à RADIO-FRANCE. Alors en bon gestionnaire, il anticipe... ce que n'ont jamais fait ses prédécesseurs. Il promet "21 élèves par classe"... les Professeurs des Ecoles attendent de voir la réalité en face...trop habitués qu'ils sont aux fausses promesses de Communication d'un ministère qui ne les valorise pas et les rémunère mal.
- il nous parle d'une "situation de l'école extrêmement inquiétante" : les années Covid19 et tous les protocoles qui ont épuisé mentalement et physiquement les professeurs et les élèves ont laissé de lourdes séquelles. Jean-Michel BLANQUER avait voulu montrer "une école qui tient bon", et en voilà le résultat quelques années plus tard. A force de trop tirer sur la corde psychique des êtres humains, ils finissent tous par craquer, enfants comme adultes.
- il souhaite "travailler sur la qualité pédagogique du service public de l'enseignement" et sait pouvoir compter sur la loyauté des bataillons d'inspecteurs qui font tout ce qu'on leur demande, même s'il s'agit de faire l'inverse de ce qu'exigeait le ministre précédent. Il est partisan d'un retour aux manuels papiers, pour favoriser la lecture, la manipulation d'un livre (et il a bien raison).
- il veut, et c'est le premier à innover en la matière, que l'on fasse "un contrôle d'honorabilité des enseignants tout au long du parcours professionnel, tous les deux, trois ou quatre ans" : il est parfaitement conscient, comme AIDE AUX PROFS le lui a dit lors de nos 3 rencontres quand il était DGRH, et qu'il a reconnu en approuvant alors notre analyse ("on ne va pas se mentir, vous avez raison") que de 2025 à 2045 les départs en retraite des professeurs triplent, ce qui obligera les académies à recruter de plus en plus de professeurs contractuels. Il préfère donc anticiper, ne pas laisser place au doute, à la possibilité de recruter des enseignants qui auraient eu maille à partir avec la justice. Cela permettra de mettre un terme, espérons-le, aux scandales sexuels dont certains professeurs ont pu se rendre responsables envers de jeunes enfants, au sein d'un Ministère gigantesque qui a toujours préféré l'omerta au dévoilement de ses dysfonctionnements.
- il annonce un encadrement strict à la rentrée 2026 de l'utilisation du téléphone portable au Lycée. Encore faudrait-il l'avoir réussi dans 100% des collèges d'abord, ce qui est loin d'être le cas. L'usage des mobiles est devenu un fléau pour les professeurs et peut expliquer une désaffection pour le métier, et une augmentation des démissions ces dernières années. Si le Ministre réussit la même année à interdire l'usage au collège et au lycée des portables, et à faire sanctionner les adolescents dûment lorsqu'ils ont photographié, filmé, diffusé sur des réseaux sociaux au détriment de sa sécurité personnelle, un enseignant, alors il aura réussi un véritable challenge qu'aucun de ses prédécesseurs n'a gagné, tous s'étant refilé "la patate chaude" en se confondant dans de belles déclarations non suivies d'effets. Gabriel ATTAL fut le meilleur communiquant à cet exercice de fermeté verbale.
- en 2023 il déclarait qu'il "règne une libération décomplexée de la parole sur internet", faisant allusion au cyberharcèlement scolaire qui gâche la vie de tant d'élèves, et de tant de professeurs, et de personnels de direction, très exposés aussi. Il prendra certainement des mesures fortes pour réduire la dimension de ce risque majeur, devenu énorme et meurtrier. "Quand vous voyez le torrent de boue qui se déverse parfois sur certains réseaux sociaux, vous pouvez moins facilement demander aux jeunes d’être exemplaires" disait-il dans cette interview. Il avait parfaitement raison et a maintenant les mains libres et le pouvoir de réduire ce risque pour les professeurs, et pour les élèves.
- il promet de ne pas révolutionner les temps scolaires de l'élève. Cette méthode de changer les rythmes scolaires a maintes fois été utilisée par tous les ministres qui ne savaient pas quoi inventer pour occuper les esprits des parents et les mettre de leur côté en vue des prochaines élections, leur faisant oublier tout le reste. Le Ministre n'a pas d'ambitions politiques pour mai 2027, en voilà une belle preuve. Il a l'intelligence de dire, contrairement à ceux qui ont changé les rythmes scolaires, que la réponse ne peut pas être absolument universelle. Il faut en effet quitter cet état d'esprit d'un Mammouth qui marche à l'unisson et impose à 12 millions d'élèves et 24 millions de parents le même fonctionnement.
- il est sensible aux questions de harcèlement entre élèves et entre adultes, et aura certainement aussi une action en ce domaine. Nous l'avions alerté lorsqu'il était DGRH de différentes affaires pénibles dont nous avions été destinataires, et il a toujours agi rapidement et avec efficacité pour y mettre fin au sein même d'administrations d'académies, là où trop de hauts fonctionnaires n'auraient pas levé le petit doigt pour ne pas se mouiller, ou protéger certains de leurs collègues.
En septembre 2025 le Ministre a remis au gouvernement un rapport sur l'éducation au Cinéma à 'Ecole, un sujet qui lui tient à coeur. Rappelons que c'est Jack LANG Ministre de l'Education nationale qui a impulsé la création des Bac et BTS audiovisuels dans toute la France grâce à la passion d'un Chargé de Mission qu'il avait nommé pour ce faire, Jean-Claude GUEZENNEC, dont de nombreux réalisateurs, cameramen, éclairagistes, qu'il a formés dans son association ARCHIMEDE-FILMS, qui fonctionne toujours.
Il a 47 ans, est plein d'énergie, et sait où il veut conduire l'Education nationale:
- vers un retour de l'exigence des résultats des élèves,
- vers un retour de l'exigence du comportement des élèves,
- vers un retour de l'exigence du comportement des acteurs de l'enseignement pour combattre les harcèlements entre élèves et certainement entre adultes,
- vers un retour à l'attractivité d'un métier de professeur qui en a tant perdu au fil des politiques laxistes de nombreux ministres précédents.
Ne manque pas ce film qui s'annonce déjà passionnant, s'il réussit dans toutes ses intentions, dans le peu de temps qui lui est imparti.

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