Quelles stratégies d’anticipation développer pour éviter de me tromper dans mon choix ?


Découvrir que l’on s’est trompé de métier, après avoir réussi un concours physiquement et moralement éprouvant, comme le sont les concours de Professeur des Écoles (PE), du CAPES, du PLP ou de l’agrégation, parfois préparés et tentés plusieurs années d’affilée, signifie maintenant une grande perte de temps, d’argent, et d’énergie.

 

Même s’il semble plus facile de démissionner dès cette prise de conscience, l’entourage n’est pas toujours prêt à l’entendre, à le comprendre, dès lors que l’étudiant a trouvé un emploi stable, et assez bien rémunéré par rapport à son niveau de diplôme initial, alors que le taux de chômage dépasse les 11% dans la population active et que plus de 4.8 millions à 8.6 millions de personnes en France sont en situation de pauvreté selon le niveau de vie médian appliqué. 

 

Se tromper, c’est prendre le risque d’affecter très rapidement son estime de soi, sa confiance en soi, qui constitueront des freins importants dans un projet de réorientation.

 

L’association AIDE AUX PROFS sur son 1er axe d’activités pour DEVENIR PROF, conseille sur son portail à tous les étudiants d’anticiper sur leurs envies, leurs besoins, en prenant le temps de s’informer sur les conditions d’exercice de ce métier, et en apprenant à bien cibler ses choix d’orientation, pour s’y engager en toute confiance.

 

Il est vraiment important de vous questionner, en pesant le pour et le contre, pour passer du rêve à la réalité:

 

Se poser des questions est une méthode peu coûteuse. Beaucoup d’étudiants, pourtant, poursuivent leurs études jusqu’à la Licence voire le Master sans songer aux débouchés qu’ils offrent, leur premier objectif étant de décrocher un diplôme, d’acquérir un niveau d’études.

 

Notre dispositif peut vous mettre en relation avec des professeurs expérimentés pour vous aider à faire votre choix : en maternelle, en primaire, au collège, au lycée ? Dans quel type d’établissement ? Quels départements sont à préférer ?

 

Exercices de projection professionnelle


S’interroger, c’est apprendre à anticiper, à réfléchir, pour gagner du temps, et de l’argent, c’est se remettre en question, pour mieux avancer ensuite.

 

Pour ce faire, nous vous conseillons de vous munir d’une feuille A4 et d’un stylo, plutôt que de chercher à utiliser votre ordinateur, en répondant progressivement à toutes les questions ci-dessous. Ce travail vous permettra de mieux connaître ce qui vous conduit à envisager le métier d’enseignant, et les raisons pour lesquelles ce serait un bon choix, ou un mauvais choix.

 

Toutes les interrogations proposées se réfèrent à des situations courantes, parfois marginales, mais toutes sont bien présentes dans le métier d’enseignant, selon le lieu où il est exercé. 

 

Les raisons pour lesquelles je choisis ce métier :

- Pourquoi ai-je envie de devenir professeur ? Par envie ? Par passion ? Par tradition familiale ? Par défaut d’autre chose ?

 

- Quels me semblent être les attraits de ce métier ? Et ses inconvénients ? Qui m’en a parlé ? Cette source est-elle fiable ? Quelle autre source d’informations me permettrait d’affiner mon jugement ?

 

- Quelles sont les activités d’un enseignant : se limitent-elles à enseigner ? Comment puis-je en savoir plus ?

 

- Qu’est-ce qui m’importe le plus dans le choix d’un métier : m’épanouir au travail ? Gagner beaucoup d’argent ? (il est important dans ce cas de comparer les grilles salariales des agents publics selon leurs grades).

 

- Quel est l’état de mes connaissances en psychologie de l’enfant, de l’adolescent ? Mes études me permettent-elles de m’y former ? Sinon, comment compenser ce manque dans ma formation ?

 

Mes traits de personnalité:

Est-ce que j’aime aider, accompagner d’autres personnes dans leurs difficultés ? Suis-je en mesure de fournir des exemples ? Ai-je ressenti du plaisir à les voir progresser ? Ai-je aimé me sentir utile ?

 

- Est-ce que je suis patient avec les enfants ? Est-ce que je sais écouter avec empathie les besoins des autres ? 

 

- Est-ce que j’aime créer, imaginer, monter, coordonner des projets ? Seul(e) ou en équipe ? Quels exemples puis-je citer, où le travail en équipe s’est avéré constructif et générateur de bien-être pour tous ?

 

- Ai-je une autorité naturelle dans un groupe ? Ai-je des appréhensions à faire face à un groupe d’élèves de 15 à 40 individus ? Suis-je prêt(e) à accepter quotidiennement ce regard plus ou moins critique sur ma manière d’être, tout en gardant mon calme et ma bonne humeur ?

 

(pour les professionnels du privé en reconversion, et ayant exercé des responsabilités) : Suis-je prêt(e) à être dirigé(e), après avoir dirigé moi-même des équipes, sans être tenté(e) de dire ce que je pense ? (ce qui est totalement déconseillé auprès d’un inspecteur dont le pouvoir disciplinaire est énorme, de même auprès d’un chef d’établissement)

 

- Suis-je autonome et organisé(e) dans mes activités ? Ai-je besoin de l’aide des autres pour être efficace ? (le métier d’enseignant peut engendrer un isolement, il faut en être conscient(e) dès le départ, le travail en équipe rencontre dans certains établissements une réaction collective d’hostilité).

 

- Ai-je tendance à me décourager facilement ? Quelle est ma méthode pour réagir dans cette situation ?

 

- Suis-je timide et réservé(e) ? (dans ce cas, un travail thérapeutique préalable est indispensable avant d’enseigner, car les élèves ne pardonnent rien, ils s’aperçoivent très vite du manque d’expérience du professeur.

(notre association d'AIDE AUX PROFS peut vous mettre en contact avec d’anciens professeurs devenus thérapeute ou coach, très sérieux, pour vous aider).

 

- Ai-je déjà été insulté(e) par un enfant ou un adulte ? Quelle a été alors ma réaction ?

 

- Quelqu'un a-t-il déjà tenté de me menacer ? Ai-je déjà été agressé(e) physiquement ? Quelle a été alors ma réaction ? 

 

- Ai-je des inquiétudes à exercer ce métier ? Qu’est-ce qui me stresse le plus : le comportement des élèves ? Les relations avec leurs parents ? Les contacts avec les autres enseignants ? L’évaluation de mon travail par la hiérarchie ? La crainte d’être jugé(e) sans cesse au quotidien ? 

 

                                  REALISER MON BILAN DE PERSONNALITE AVEC AIDE AUX PROFS

 


Mon rôle de parent (père ou mère/le cas échéant):

Comment ai-je vécu mon rôle de parent, et quelles valeurs ai-je tenté de transmettre à mes enfants ? 

- Leur ai-je donné une marge de liberté pour se construire, s’affirmer, s’inventer, ou les ai-je façonnés à ma manière d’être ? 

 

- Ai-je été un parent autoritaire, ou me suis-je souvent senti(e) dépassé(e), dans une relation conflictuelle avec eux ? Dans ce cas, comment espérer être écouté(e) d’autres adolescents si je me suis senti(e) en échec vis-à-vis de mes enfants ?

Mes expériences professionnelles quand j'étais étudiant(e):

 

Ai-je pratiqué des expériences professionnelles au contact d’enfants ? (dans la négative, l’obtention du BAFA permet d’abord de se tester dans des centres de vacances ou de loisirs ses capacités à animer, à transmettre ses savoirs et savoir-faire, à gérer son stress, à gérer des conflits, c'est une excellente formation pour se préparer à encadrer des jeunes et à développer des activités pour les intéresser). 

 

- Qu’en ai-je retiré ? L’expérience a-t-elle été positive ?

 

Ma santé personnelle est-elle compatible avec ce métier ?

 

Ai-je des problèmes de santé ? De quel type ? Sont-ils compatibles avec l’exercice d’un métier face à un public nombreux, exigeant, très demandeur, parfois bavard, où je devrais souvent solliciter mes cordes vocales ? Ma santé risque-t-elle de se dégrader, au point de me rendre inapte au métier d’enseignant ? Mieux vaut s’en préoccuper dès maintenant. Exercer le métier de professeur dégrade rapidement une situation de santé fragile.

 

- Ai-je des problèmes de dos, ou des Troubles Musculo-Squelettiques (TMS), qui rendraient tout déplacement difficile si je suis nommé(e) remplaçant(e) dès ma première affectation ?

 

- Ai-je des problèmes de voix ? Ai-je déjà tenté de parler toute une journée sans ressentir de fatigue vocale ? (dans ce cas, une éducation de la voix par des stages de théâtre est conseillée, pour éviter trop rapidement les extinctions de voix et leurs complications, comme les nodules sur les cordes vocales). Il est de plus en plus fréquent de devoir tolérer un bourdonnement d’élèves qui parlent en classe, et vouloir obtenir le silence absolu pendant 55 mn, c’est la garantie de ne plus avoir de voix à la fin de la journée. 

 

Ma connaissance de l'obéissance hiérarchique dans la Fonction Publique:

 

La déontologie des agents publics: 

SIMON J., Préface de HIRSCH M., La déontologie des cadres publics : pour un service public responsable, Éditions CNDP/ESEN – 2012 Coll. Cadre-Service Public et loi n°2016-483 du 20 avril 2016 sur la déontologie des agents publics. 

 

Il est essentiel de connaître la Loi Blanquer (prévue pour Juillet 2019) dans son article 1:

Art. L. 111-3-1 - "Par leur engagement et leur exemplarité, les personnels de la communauté

éducative contribuent à l’établissement du lien de confiance qui doit unir les élèves et leur famille au

service public de l’éducation. Ce lien implique également le respect des élèves et de leur famille à

 

l’égard de l’institution scolaire et de l’ensemble de ses personnels. "

 

 

- Suis-je prêt(e) à accepter l’autorité d’un supérieur hiérarchique (chef d’établissement, inspecteur) ? 

 

- Comment ai-je vécu l’autorité de mes parents ? 

 

Mes futures conditions de travail:

Ai-je mon permis de conduire, et une voiture ? S’il le fallait, suis-je prêt(e) à réaliser des remplacements sur plusieurs établissements chaque semaine, pendant 5 à 10 ans ? (les enseignants remplaçants, souvent le premier poste obtenu pendant quelques années, d’après les témoignages parvenus depuis 13 ans à AIDE AUX PROFS, peuvent réaliser jusqu’à 1.000 km par semaine dans certains départements, et leurs indemnités kilométriques ne compensent pas tous les frais occasionnés si l’on considère l’usure de leur véhicule, et les problèmes de dos que peuvent engendrer de longs trajets) ;

 

- Suis-je prêt(e) à déménager, même à l’autre bout de la France, pour occuper mon premier poste ? (les deux-tiers des professeurs après réussite à un concours du 2nd degré sont affectés en région parisienne, dans les académies de Créteil ou de Versailles) ; 

 

- Suis-je prêt(e) à envisager de rester éloigné(e) de ma ville de résidence actuelle ? Et pendant combien de temps ? (les mutations sont difficiles dans l’Éducation Nationale, il faut plus de 10 ans pour espérer rejoindre le département de son choix. Cela explique en partie que les femmes soient plus attirées par le métier de Professeur des Écoles, car l’affectation s’exerce dans le département où le concours a été tenté, mais leurs mutations interdépartementales sont très difficiles à obtenir, du fait d’un système d’ineat et d’exeat complexe.)

 

Le parcours de carrière que j'envisage:

Est-ce que j’envisage cette profession pour toute la vie ? Sinon, pour combien d’années ? Ai-je déjà une idée de ce qui me plairait ensuite ? (mieux vaut enseigner entre 20 et 50 ans qu’ensuite, car ce métier est épuisant au quotidien, les professeurs des écoles souffrent de troubles musculo squelettiques après 50 ans pour 65% d’entre eux par exemple)

 

- Quelles pourraient être ensuite mes perspectives professionnelles : devenir chef d’établissement ? Inspecteur ? Enseigner à un autre niveau ? Ou à l’étranger ? (il est important de dresser ces perspectives, de se projeter dans l’avenir). 3 à 5% des professeurs deviennent personnels de direction ou d’inspection au cours de leur carrière. Les autres ont accès à des possibilités très diversifiées d’évolution professionnelle.

 

Une fois vos réponses écrites, lisez-les à haute voix à un membre de votre famille, ou à votre meilleur ami, pour discuter avec lui de ce qui peut vous inquiéter. Rien ne vaut le regard amical d’une personne en laquelle vous avez toute confiance, pour vous aider à faire le bon choix.

 

Si vous hésitez encore, AIDE AUX PROFS peut vous proposer de réaliser un Bilan de Personnalité avec un ancien professeur qui vous conseillera ainsi mieux que n’importe quel autre psychologue qui n’aurait pas enseigné.

 

Nos conseillers, tous membres référents de notre dispositif, ont signé un contrat de confiance et sont formés à l’écoute empathique et à la bienveillance. Ils n’ont aucun intérêt à vous attirer vers le métier de professeur ou à vous en détourner. Selon ce qui ressortira du Bilan de Personnalité, ils vous conseilleront en fonction des atouts et des faiblesses qu’ils ont pu identifier.

 

Si malgré vos faiblesses vous souhaitez enseigner, nous pourrons vous mettre en contact avec des coachs pour acquérir la confiance en vous qui vous manque. Tous travaillent à distance par skype.

 

Exercices d'auto-évaluation de mon travail

Pour terminer ce travail d’introspection, un moyen simple et rapide de vous conforter ou pas dans votre choix de devenir professeur est de réaliser une auto-évaluation des avantages/points forts qui vous y attirent et des inconvénients/points faibles qui vous semblent répulsifs.

 

Reproduisez pour cela le tableau ci-après en téléchargement (format Word) sur autant de feuilles A4 que nécessaire à votre réflexion.

 

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AUTO-EVALUATION_pour_DEVENIR_PROF.pdf
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En comptabilisant 1 point par avantage et 1 point par inconvénient, vous pourrez comparer le total de chacune des colonnes de ce(s) tableau(x) et prendre la décision la meilleure pour vous :

- Si les avantages l’emportent de 10 à 15 points sur les inconvénients, ce métier vous procurera l’épanouissement que vous en attendez ;

 

- Si un équilibre s’établit, il est souhaitable de travailler sur vos points faibles avant d’envisager de passer le concours, car vous êtes dans une situation d’incertitude qui peut rapidement affecter, une fois devenu enseignant(e), votre estime de soi ;

 

- Si les inconvénients l’emportent d’au moins 5 points sur les avantages, un accompagnement thérapeutique est conseillé pour vous permettre d’approfondir votre réflexion avant de vous engager éventuellement dans cette voie ;

- Si les inconvénients l’emportent de plus de 10 points sur les avantages, orientez-vous dans une autre voie.